Qui gouverne aujourd’hui la Tunisie ?

Alors que plusieurs observateurs avaient cru déceler en le général Rachid Ammar, un « De Gaulle » tunisien, ces derniers  ont vite déchanté face l’instabilité que connait le pays et notamment face au mutisme de l’armée qui est assimilé par de nombreux Tunisiens à une « démission pure et simple ». [onlypaid] Plusieurs diplomates en poste à Tunis ne semblent pas convaincus que le général Rachid Ammar soit l’homme providentiel qui pourrait jouer le rôle de sauveur de la révolution. La vague d’émeutes qui déstabilise le pays depuis le début du mois de juillet et qui a touché Gafsa, Sidi Bouzid, Menzel Bourguiba, Bizerte et Tunis semble échapper à tout contrôle, sauf peut être celui de l’aile radicale des islamistes d’Ennahda. Elle démontre à la fois les limites du gouvernement de Béji Caïd Essebssi ainsi que la frilosité de l’armée qui hésite à prendre ses responsabilités. Aujourd’hui, la rue est livrée aux « groupuscules » de protestataires qui manifestent violement sans revendications claires ni échéancier. « Des foyers de violence s’allument ici et là, sans raison apparente à part celle de maintenir un climat de peur et d’incertitude », explique un journaliste européen qui a passé plusieurs semaines en Tunisie. Première répercussion de ces émeutes, la désaffection remarquée des populations par rapport au processus d’enregistrement dans les listes électorales. C’est surtout les anciens supporters du RCD et les militants d’Ennahda qui s’enregistrent massivement. Cela pourrait impacter considérablement  les résultats de la prochaine échéance électorale. Plusieurs intellectuels et hommes d’affaires craignent en effet un affrontement ultime entre les brigades d’Ennahda et les sbires de l’ancien régime. Les deux forces sont suffisamment organisés et disposent de ressources importantes pour encadrer la rue. Les regards se tournent alors de plus en plus vers l’armée pour qu’elle mette fin à ce chaos qui fragilise le pays et menace la révolution. « En attendant d’avoir des instances démocratiquement élues, l’armée doit jouer son rôle d’arbitre neutre et désintéressé pour éviter que le pays ne se délite complètement », avertit un politicien tunisien au fait des réalités du pays du jasmin.[/onlypaid]

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