Telecoms : qui sont les Itissalatis ?

Depuis quelques semaines, un mystérieux groupe Facebook répondant au nom de « Itissalati », avec un corollaire intitulé « mouvement du 27 avril » s’est constitué afin de tenter de fédérer certains mouvements syndicaux au sein de l’opérateur marocain « Maroc Telecom ». [onlypaid] Surfant sur la vague de contestation sociale, les « Itissalatis » réclament pêle-mêle une « collectivisation » de l’entreprise, une augmentation de 100% des bas salaires, ainsi qu’une grille d’avancement qui ne tienne en compte que de l’ancienneté et non de la méritocratie. Cette sémantique « révolutionnaire » utilisée par le mouvement « Itissalati » n’inquiéterait pas outre mesure les pouvoirs publics marocains, s’il n’y avait, au sein de cette alliance hétéroclite, les prémisses d’un « deal » entre certains mouvements syndicaux islamistes avec une frange, plus traditionnelle, émanant de l’extrême gauche marocaine. Ainsi, au sein de la page Facebook des « Itissalatis », l’observateur est  surpris de trouver pas mal de membres notoirement « barbus » et prosélytes, dont certains avaient réclamés, il ya quelque temps, que les agences de l’opérateur aient des guichets séparés pour les hommes et les femmes. Après avoir accordé une augmentation de près de 1000 DH le mois dernier à ses salariés, la direction de Maroc Telecom estime qu’il est désormais temps de « passer à autre chose », notamment dans un climat concurrentiel féroce, accru par un récent rapport incendiaire du conseil de la concurrence. Sauf que le bloc le plus radical des syndicalistes de Maroc Telecom ne l’entend pas de cette oreille, et s’attaque désormais frontalement à Abdeslam Ahizoune, le Président de l’opérateur,  notamment sur le volet de sa rémunération (qui est de l’ordre de 2 millions par an). Selon des informations fiables, Ahizoune disposerait  d’un argument massue dans sa poche secrète : sa  rémunération est la plus « modeste » en comparaison des dirigeants d’entreprises à chiffre d’affaires similaire, également côtés en bourse à Euronext. S’il venait à partir, Vivendi et l’Etat marocain-tous deux actionnaires principaux de Maroc Telecom-  seraient contraints de recruter  un PDG pour un salaire d’au moins le  double, prix du marché oblige… [/onlypaid]

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