Le Maroc franchit un cap stratégique majeur. Selon des médias israéliens, Rabat a officiellement activé le système de défense aérienne et antimissile Barak MX, acquis en 2022 auprès d’Israël dans le cadre d’une vente d’armements à l’étranger. La preuve est venue du ciel : des signatures électroniques détectées par satellite confirment que le système est désormais pleinement opérationnel sur le territoire marocain.
Développé par Israel Aerospace Industries (IAI), le Barak MX constitue un bouclier multicouche de nouvelle génération, capable d’intercepter drones, avions, missiles de croisière et projectiles balistiques jusqu’à 150 kilomètres de portée. Une capacité qui place le Royaume parmi les rares pays de la région dotés d’une défense aérienne intégrée de ce niveau.
Les premières livraisons des composants du système ont débuté en 2023. En à peine quelques mois, le Maroc a réussi une intégration accélérée, fruit d’une coopération sécuritaire étroite et continue avec Tel-Aviv. Des sources proches du dossier parlent déjà d’un « Dôme de fer du désert », en référence au célèbre système israélien, soulignant son rôle clé dans le contrôle de l’espace aérien, notamment au-dessus des provinces du Sud et du Sahara.
Cette activation n’est pas anodine. Elle intervient dans un contexte régional sous tension, marqué par la prolifération des drones armés et des munitions rôdeuses, devenus des armes centrales dans les conflits récents. Les analystes y voient également une réponse directe aux menaces asymétriques émanant d’acteurs non étatiques, en particulier le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, qui a déjà eu recours à des systèmes aériens sans pilote.
Au-delà du volet opérationnel, le partenariat maroco-israélien change d’échelle. En novembre dernier, le fabricant israélien BlueBird Aero Systems a inauguré à Benslimane une usine dédiée à la production de drones kamikazes SpyX. Une première historique : il s’agit de la première implantation industrielle israélienne dans le secteur de la défense en Afrique du Nord.
Ce site illustre une double dynamique : la volonté du Maroc de monter en puissance technologiquement et celle d’Israël de diversifier son industrie de défense au-delà de ses frontières, dans un contexte géopolitique mondial de plus en plus incertain.
Avec l’activation du Barak MX, Rabat envoie un signal sans ambiguïté : le Royaume entend sécuriser durablement son ciel, anticiper les menaces futures et s’imposer comme un acteur militaire crédible et technologiquement avancé dans la région. Un bouclier discret, mais un message assourdissant.