Alors que la guerre fait rage depuis octobre 2023, une réalité discrète mais troublante se dessine dans le ciel maroco-israélien. En dépit d’une interdiction formelle émise par le Shin Bet et le ministère israélien des Transports, la compagnie aérienne Arkia a continué, à titre exceptionnel, d’assurer des vols charters vers le Maroc. Une pratique menée loin des projecteurs, mais désormais révélée.
Dimanche dernier, un avion d’Arkia s’est ainsi posé à l’aéroport d’Errachidia dans le cadre d’un vol charter privé. À son bord, des ressortissants israéliens venus effectuer un pèlerinage religieux en hommage au rabbin Yitzhak Abou Tseu, figure spirituelle vénérée par la communauté juive d’origine marocaine. Un déplacement rendu possible grâce à des autorisations spéciales, accordées au cas par cas, malgré la suspension officielle de toutes les liaisons aériennes régulières entre Israël et le Maroc.
Depuis le déclenchement du conflit en octobre 2023, les compagnies aériennes israéliennes ont cessé de desservir le royaume, sur instruction directe des autorités sécuritaires israéliennes. La mesure visait à limiter les déplacements dans un contexte régional explosif. Officiellement, le ciel est donc fermé. Officieusement, il s’entrouvre à intervalles choisis.
Car si les vols commerciaux ont été gelés, le Maroc est resté, tout au long de la guerre, une destination accessible et accueillante pour les Israéliens. Entrées autorisées, déplacements libres, pèlerinages maintenus : Rabat n’a jamais fermé ses portes, fidèle à sa ligne de séparation entre tensions géopolitiques et coexistence religieuse.