Pendant des années, l’Office National des Aéroports a traîné la réputation peu enviable d’être l’un des points faibles de l’expérience Maroc. Pour des millions de voyageurs, le premier contact avec le Royaume passait par des halls congestionnés, des files d’attente interminables et une organisation souvent en décalage avec les ambitions touristiques et économiques du pays.
Un an et demi pour tout changer
En seulement dix-huit mois, le nouveau management de l’ONDA a engagé une transformation dont peu d’établissements publics marocains peuvent se prévaloir. Une transformation visible, mesurable et surtout perceptible par les voyageurs eux-mêmes.
À Casablanca, principal hub aérien du Royaume, le changement saute désormais aux yeux. Parcours passagers fluidifiés, espaces modernisés, services renforcés, meilleure coordination opérationnelle. L’aéroport Mohammed V affiche un visage radicalement différent de celui qui alimentait autrefois les critiques.
Loin des réformes cosmétiques souvent annoncées dans les établissements publics, l’ONDA a engagé un véritable changement de culture. Une évolution qui rompt avec plusieurs décennies d’inertie administrative et replace la performance au cœur de la machine aéroportuaire.
La Coupe du Monde FIFA 2026 a constitué un premier test grandeur nature. Face à des flux exceptionnels de supporters marocains en partance vers les États-Unis, le dispositif aéroportuaire national a démontré une capacité d’absorption et d’organisation rarement observée auparavant.
Coordination renforcée avec le ministère de l’Intérieur, la DGSN, la Gendarmerie Royale, l’Administration des Douanes et le ministère du Transport et de la Logistique. L’ensemble de la chaîne a fonctionné avec une efficacité qui tranche avec les souvenirs encore récents des usagers habituels de Mohammed V.
« Let The Game Take Off » : quand l’institution prend la parole
À la veille de l’entrée en lice des Lions de l’Atlas, Airports of Morocco a lancé « Let The Game Take Off », une campagne institutionnelle qui dépasse largement l’exercice classique de communication.
Le film met en parallèle deux équipes qui défendent les couleurs du Maroc sur des terrains différents. Les joueurs de la sélection nationale et les milliers de femmes et d’hommes qui assurent quotidiennement le fonctionnement des plateformes aéroportuaires. Agents d’accueil, techniciens, équipes d’exploitation, agents de sécurité ou personnel d’assistance deviennent ainsi les acteurs d’une même ambition nationale.
Déployée à travers la télévision, la radio, l’affichage, la presse et les réseaux sociaux, cette campagne traduit surtout une nouvelle posture institutionnelle. Celle d’un établissement qui ne se contente plus de gérer des infrastructures mais qui revendique désormais un rôle dans la projection de l’image du Royaume. Car derrière cette opération se dessine une stratégie beaucoup plus vaste.
Adossée au partenariat conclu avec la Fédération Royale Marocaine de Football, l’initiative s’inscrit dans la vision « Aéroports 2030 », feuille de route qui prépare l’échéance majeure de la Coupe du Monde 2030 que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal.
Une stratégie, pas un coup de communication
L’enjeu dépasse largement la question du transport aérien. Les aéroports seront la première vitrine du Maroc pour des dizaines de millions de visiteurs. Ils constitueront l’un des principaux outils de son influence, de son attractivité économique et de son soft power.
Bien sûr, tout n’est pas encore gagné. Les défis restent considérables et les investissements à réaliser demeurent massifs. Mais une réalité s’impose aujourd’hui. L’ONDA a retrouvé ce qui lui faisait défaut depuis longtemps, la crédibilité.
Longtemps perçu comme un simple gestionnaire de terminaux, l’Office commence à s’affirmer comme un acteur stratégique de la compétitivité du Royaume.
Les aéroports marocains ne sont plus seulement des lieux de transit. Ils deviennent progressivement des instruments de puissance et des ambassadeurs du Maroc moderne.
Et c’est sans doute la transformation la plus importante de toutes.