Royaume incontesté de l’argent en Afrique et au Moyen-Orient, le Maroc s’impose comme un acteur stratégique sur un marché mondial tendu, où l’offre peine à suivre une demande galopante.
Le Maroc vient de décrocher une place que peu d’observateurs lui prédisaient sur l’échiquier minier mondial. Selon un classement publié par Visual Capitalist, le Royaume figure parmi les principaux pays producteurs d’argent métal au monde, et il y siège seul pour représenter tout le continent africain.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Avec une production de 12 millions d’onces, soit environ 373 tonnes d’argent, le Maroc concentre à lui seul près de 95 % de l’offre de toute la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA). Mieux encore, il en absorbe 86 % de la consommation, verrouillant ainsi l’ensemble de la chaîne, de l’extraction à l’usage industriel.
À l’échelle du continent, le constat est tout aussi flatteur. Le Royaume assure près de la moitié de la production africaine d’argent, lui conférant un statut de leader incontesté que nul autre pays du continent ne vient sérieusement contester.
Sur la scène mondiale, le Maroc reste un acteur modeste face aux mastodontes du secteur. Le Mexique trône en tête avec 173 millions d’onces extraites, soit près d’un cinquième de l’offre planétaire, devant le Pérou (131 millions d’onces) et la Chine (113 millions d’onces). À elles seules, l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud écrasent la concurrence, avec respectivement 219 et 246 millions d’onces produites.
Mais dans un marché aussi concentré et où une poignée de pays seulement pèse sur l’équilibre mondial, chaque tonne compte désormais davantage qu’hier. Et c’est précisément cette rareté de producteurs significatifs qui propulse le Maroc, malgré des volumes modestes, sur le radar des investisseurs internationaux.
Le contexte joue en faveur de Rabat. Depuis cinq années consécutives, la demande mondiale d’argent dépasse l’offre, creusant des déficits structurels que l’industrie peine à combler. L’essor de l’électronique, des technologies vertes et des énergies renouvelables, toutes grandes consommatrices d’argent, ne fait qu’accentuer la pression sur les producteurs en place.
Dans ce contexte de tension durable, les pays disposant de réserves établies et d’une véritable capacité minière, comme le Maroc, sont appelés à jouer un rôle croissant pour sécuriser les approvisionnements futurs. Une carte que le Royaume, déjà courtisé pour ses phosphates et son potentiel dans les minerais critiques, pourrait bien chercher à abattre avec ambition dans les années à venir.