Après trois années d’interruption quasi totale, le ciel qui relie Tel-Aviv à Marrakech s’est rouvert. Et avec lui, un pan entier de l’économie touristique marocaine reprend espoir.
En août dernier, la compagnie israélienne Arkia a fait décoller son premier vol direct vers la cité ocre depuis le 7 octobre 2023, date à partir de laquelle les liaisons aériennes entre les deux pays avaient été suspendues. Trois vols hebdomadaires sont désormais assurés par des compagnies israéliennes, une cadence encore modeste mais dont la demande initiale ne trompe personne. Elle rappelle, disent les professionnels du secteur, les flux d’avant-guerre.
À l’époque, environ 100 000 Israéliens visitaient chaque année le Maroc, terre d’origine d’une large partie de la communauté juive israélienne. Les estimations les plus récentes tablent sur 20 000 visiteurs israéliens d’ici la fin de l’année 2026, un chiffre qui reste loin du pic historique, mais qui marque une inflexion nette après trois ans de silence sur les tarmacs.
Cette reprise n’a rien d’unilatéral, insiste Uri Attias, un guide, employé par Eco Outdoor Tours, filiale du groupe Issta Sport. Selon lui, le tissu touristique marocain, hôteliers, restaurateurs, organisateurs d’excursions, s’était structuré autour de la clientèle israélienne dans les années précédant le conflit, avant que l’arrêt brutal des vols directs ne fragilise nombre de ces acteurs.
Un constat qui, s’il se vérifie sur le terrain, dessinerait les contours d’une reprise progressive du tourisme israélien au Maroc, portée autant par la nostalgie d’une diaspora que par les intérêts bien concrets d’une économie locale en quête de relais de croissance.