Le signal est clair. Une alliance emmenée par Samih Sawiris, aux côtés d’Al Nowais Investments et de Sunrise Group, compte injecter plus de 235 millions de dollars dans un mégaprojet touristique à Essaouira. Il s’agit de prendre position, vite et fort, sur l’un des marchés les plus dynamiques du continent.
Le projet ne fait pas dans la demi-mesure : 2,5 millions de mètres carrés en front atlantique, jusqu’à 800 chambres dès la première phase, une montée en puissance progressive étalée sur cinq ans, avec en ligne de mire une destination intégrée mêlant hôtels, golf, commerces et loisirs. En toile de fond, une trentaine d’hôtels de charme destinés à repositionner Essaouira sur une offre plus premium.
Ce qui change ? Le timing. Ce projet, dans les cartons depuis 2004, a été repris, recalibré et relancé avec une logique claire : capitaliser sur une demande déjà là, et non plus anticiper à l’aveugle.
Avec près de 19,8 millions de touristes en 2025 (+14 %), le Maroc s’impose comme la première destination africaine. Un statut qui attire mécaniquement les investisseurs régionaux. Pour eux, le calcul est simple : moins de risque, plus de visibilité, et un potentiel de montée en gamme encore largement sous-exploité.
Ce type de projet s’inscrit directement dans la feuille de route 2030 : augmenter la capacité, diversifier l’offre et surtout monter en valeur. Fini le tourisme de masse à faible rendement, place aux écosystèmes intégrés capables de générer plus de revenus par visiteur.
Mais l’équation n’est pas encore gagnée. Deux variables seront décisives. La vitesse d’exécution et la capacité du marché à absorber cette nouvelle offre. Car dans un secteur où les annonces pleuvent, seuls les projets livrés à temps et alignés avec la demande réelle font la différence.