Exclusif. Algérie :  les messages codés du passeport diplomatique de Tebboune

Abdelmadjid Tebboune a surpris tous les Algériens le 24 novembre dernier. Après de longues semaines de silence et de discrétion, l’ancien premier ministre limogé dans des conditions troublantes dans la torpeur de l’été, a fait une mystérieuse apparition publique le jour du scrutin électoral pour le renouvellement des assemblées locales et des wilayas. Le 24 novembre il se rend donc à l’école Mohamed Aroua située à Bouchaoui, une banlieue résidentielle de l’ouest d’Alger.

Son entourage ayant fait circuler l’information aux télévisions algériennes, les caméras prennent d’assaut ce bureau de vote en espérant enfin entendre Tebboune dont la moindre déclaration peut engendrer une nouvelle situation politique. Mais, à la surprise générale, au moment de mettre son bulletin dans l’urne, Tebboune exhibe devant toutes les caméras des télés privés  un passeport diplomatique algérien. Les images ont suscité un véritable buzz et un énorme étonnement sur les réseaux sociaux. Pourquoi un passeport diplomatique pour voter à une élection locale ?

En vérité, la sortie de Tebboune comporte des messages codés adressés à ses adversaires qui ont œuvré pour son limogeage. Tebboune a en fait souhaité démentir toutes les rumeurs ayant rapporté qu’il a été interdit de sortie du territoire national suite à une enquête déclenchée par les services de sécurité concernant les circonstances bizarres de son voyage d’affaires en Turquie au mois d’août dernier, a-t-on appris de sources très proches de l’ex-premier ministre algérien.

Abdelmadjijd Tebboune a donc voulu démontrer qu’il disposait toujours de son passeport diplomatique qui lui permet de bénéficier d’un traitement particulier lorsqu’il se rend à l’étranger. Ce passeport ne lui a pas été enlevé par la présidence de la République en guise de sanction après sa « rébellion » contre  le clan présidentiel d’Abdelaziz Bouteflika. Tebboune ne connaît aucun de ses déboires que ses adversaires ont colporté à son encontre dans les colonnes de plusieurs médias algériens.

« Je fais encore partie du système », tel est le message que Tebboune a adressé aux Algériens à qui certaines chapelles politiques ont voulu faire croire que leur ancien premier ministre était définitivement enterré politiquement. Et si Tebboune fait encore partie du système, c’est qu’il aura son mot à dire lors des futures et complexes échéances électorales présidentielles de 2019.

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