Exclusif. Pourquoi les généraux Wassini Bouazza et Mohamed Kaidi ont torpillé la candidature de Benflis

A deux jours du scrutin présidentiel, deux importants généraux-majors algériens ont fait une inquiétante incursion dans la course aux élections présidentielles. Ali Benflis, l’un des poids lourds de la scène politique algérienne et l’un des favoris au sacre suprême, a été victime d’un incroyable coup de théâtre. Un tribunal algérois révèle le dernier jour de la campagne électorale qu’un « espion » avait infiltré son staff de campagne pour recueillir des informations confidentielles qui peuvent permettre à une puissance étrangère de saboter le scrutin présidentiel du 12 décembre !

Le scénario est digne d’un film d’espionnage de Hollywood, mais les Algériens n’ont pas gobé cette histoire rocambolesque après avoir saisi que cette machination est destinée uniquement à casser un candidat gênant au profit du candidat du système, l’ex-ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi.

Le pire est que cette machination a été orchestrée par l’appareil judiciaire qui fait croire aux Algériens qu’un véritable roman d’espionnage a failli se produire à deux jours du scrutin du 17 décembre prochain. En vérité, cette histoire à dormir debout a été échafaudée entièrement par les généraux-majors Wassini Bouaza et Mohamed Kaidi. Le premier est le responsable de la direction générale de la sécurité Intérieure des services secrets algériens et le deuxième est le coordinateur des services secrets algériens, à savoir l’homme qui a remplacé officieusement Bachir Tartag dans son poste.

Les deux hommes ont terriblement paniqué lorsqu’ils ont pris conscience d’une initiative qui commençait à se propager dans les réseaux sociaux et les coulisses des meetings électoraux. Ali Benflis, l’ex-chef de gouvernement a commencé à mobiliser autour de lui des franges de l’opposition et certains activistes du Hirak qui ont voulu finalement participer au « vote » du 12 décembre prochain pour avantager un candidat qui fera barrage au candidat du système, à savoir Azzedine Mihoubi.

Soutenu discrètement par les Oulémas musulmans, un puissant lobby conservateur en Algérie, des anciens du FLN et plusieurs jeunes entrepreneurs très dynamiques, Ali Benflis a réussi à entamer une belle fin de campagne électorale avec des promesses de voix qui pourraient faire la différence. Les deux généraux, parrains de Mihoubi, prennent peur car ils savent très bien qu’avec Benflis au pouvoir, leur règne prend fin en quelques mois. Benflis est réputé pour sa volonté coriace à finir sa vie au pouvoir en opérant des changements majeurs au sein de l’institution militaire afin de gagner une légitimité populaire.

Les deux généraux algériens passent à l’action et appuient sur la détente. L’affaire dite de l’espionnage éclate au grand jour et suscite la polémique. Mais les deux officiers algériens ne sont pas des enfants de la « boite », à savoir ils n’ont jamais connu ou travaillé auparavant pour les « services ». Ils ignorent ainsi le mode d’emploi et la finesse des procédés de manipulation des « vrais services ». Le scandale éclate et aujourd’hui, les deux généraux risquent de subir l’effet boomerang. Et leur protégé Azzedine Mihoubi risque lui-aussi d’en pâtir de cette drôle d’affaire digne des temps les plus reculés du soviétisme.

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