Exclusif. Pourquoi Tebboune et les services algériens ont saboté la nomination de Lamamra au poste d’envoyé spécial de l’ONU en Libye

L’ancien ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra ne sera pas finalement désigné comme émissaire de l’ONU pour la Libye. Ceci dit, les versions colportées par les médias algériens et étrangers accusent les Etats-Unis d’avoir exercé leur véto contre Ramtane Lamamra pour empêcher sa nomination par le secrétaire général de l’ONU qui cherche désespérément une personnalité influente pour gérer le délicat dossier libyen.

Il s’avère que les informations données par ces médias algériens ou étrangers n’ont aucun fondement. Les Etats-Unis n’accordent en ce moment qu’une importance minime au dossier libyen dans lequel l’administration Trump ne veut jouer aucun rôle précis. En vérité, c’est le lobbying égyptien qui a torpillé la candidature de l’ex-chef de la diplomatie algérienne. Les diplomates égyptiens ont vivement recommandé à leurs homologues américains de dire non à la candidature de Ramtane Lamamra. Pourquoi ? Les véritables raisons sont liées à l’actuel pouvoir algérien.

La diplomatie égyptienne, l’un des acteurs majeurs de la crise libyenne, a agi dans les coulisses contre la nomination de Ramtane Lamamra après avoir été contactée très discrètement par Sabri Boukadoum, le chef de la diplomatie algérienne. Oui, c’est à Alger que l’élimination de Ramtane Lamamra a été planifiée. Une réunion de crise a été organisée au palais Présidentiel d’El-Mouradia par Abdelmadjid Tebboune et ses plus fidèles conseillers. Ces derniers ont convaincu le nouveau président algérien de pas soutenir la candidature de Ramtane Lamamra ? Pourquoi ? Parce que le chevronné diplomate algérien va faire de l’ombre au fragile Chef d’Etat algérien.

Lamamra comme chef de la mission de l’ONU en Libye, c’est un poste qui captera tous les projecteurs internationaux. Et cette situation n’arrange pas du tout l’agenda de Tebboune dont la Libye lui sert de tremplin pour gagner une légitimité internationale et tisser des alliances avec les puissances étrangères. Ce qui lui permettra de renforcer sa position très fragile en Algérie où il est rejeté par une grande partie de la population et une autre partie de l’institution militaire.

Avec Ramtane Lamamra aux commandes en Libye, Abdelmadjid Tebboune perdra de son influence sur le dossier libyen car il aura un concurrent de poids : un diplomate chevronné et très expérimenté jouissant d’un carnet d’adresses prestigieux. Pas question pour Tebboune et son clan de perdre l’atout libyen. Des pourparlers sont rapidement enclenchés en douceur avec le Caire. L’Egypte et les émirats Arabes Unis sont également soucieux de leur pouvoir d’influence sur la Libye. Un représentant de l’ONU du gabarit de Lamamra n’arrangent pas du tout leurs intérêts car il ne sera ni manipulable ni malléable.

Secrètement, Alger et le Caire forment une alliance. La diplomatie égyptienne se chargera de convaincre des diplomates américains d’imposer leur véto à l’ONU contre la nomination de Lamamra. Préoccupée par des dossiers beaucoup plus stratégiques, l’administration Trump a sous-traité la gestion du dossier libyen au Caire et s’aligne sur ses positions. La combine a merveilleusement fonctionné et Lamamra se retrouve sur la touche… Merci qui ?

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