Exclusif. Voila pourquoi Abdelmadjid Tebboune a peur de recourir à l’Etat d’urgence contre le coronavirus

Abdelmadjid Tebboune est le seul chef d’Etat au monde qui ne veut pas recourir à l’Etat d’urgence national pour endiguer la propagation de la pandémie du coronavirus. Cette attitude intrigante étonne de nombreux observateurs internationaux. Hier jeudi, Tebboune a fait une sortie médiatique qui a soulevé les interrogations de tous les Algériens : « Nous attendrons le 11 avril pour décider ». Le monde entier est en panique et pleure des morts, le Président algérien veut attendre le 11 avril pour recourir au confinement général du pays et à l’armée pour gérer l’Etat d’urgence. Une attitude incompréhensible ? Pas tant que cela car Tebboune se réfère à des calculs purement politiciens pour gérer la pandémie du coronavirus.

Oui, Tebboune ne veut pas d’un Etat d’urgence par peur d’une intervention intempestive de l’armée dans les affaires du pays et un retour en force au pouvoir militaire qu’Abdelmadjid Tebboune écarte petit à petit depuis la fin du mois de février. Un Etat d’urgence signifie une nouvelle prise du pouvoir par le haut commandement de l’armée algérienne. C’est du moins comme ça que Tebboune envisage les choses lui qui n’a pas encore réussi à domestiquer comme il veut l’institution militaire.

Depuis le début du mois de mars, Tebboune a lancé une offensive politique pour agrandir ses pouvoirs. Il a commencé par nommé son propre conseiller à la sécurité, à savoir le général Abdelaziz Medjahed pour ne plus dépendre des actuels décideurs de l’armée algérienne en matière de sécurité. D’autre part, il a préparé un plan d’action pour reprendre dans son giron les principaux appareils de renseignement. Il a écarté des centres de décision l’influent général Wassini Bouazza, l’homme qui est présenté comme le principal parrain de son adversaire politique lors des présidentielles de décembre 2019, à savoir Azzedine Mihoubi. Ecarté, mais pas encore remplacé. Mais en attendant, il a étendu le pouvoir de son conseiller aux renseignements, le général-major Hadj Redouane, l’ex-chef de cabinet du général Toufik, ancien patron de l’emblématique DRS.

Et en parallèle, il a pu convaincre le chef d’Etat-Major Said Chengriha de remplacer le patron de la direction centrale de la sécurité de l’armée (DCSA), le général Nabil, qui a été remplacé par le général Sid-Ali Zemerli. Le général Nabil est l’ami intime et homme de confiance de Wassini Bouazza.

Au niveau de l’Etat-MAJOR de l’ANP, Tebboune prend sciemment son temps et refuse de confirmer dans ses fonctions Said Chengriha pour créer la zizanie entre les généraux-majors de l’Armée algérienne qu’il veut occuper par leurs divergences internes afin de lui laisser le temps de conquérir le pouvoir, tout le pouvoir.

Aujourd’hui, ce plan est menacé par la pandémie du COVID-19 et si l’armée gère l’Etat d’urgence, Tebboune craint sa mise à l’écart et pis encore, une pareille situation est propice aux complots. Avec les insuffisances du système de Santé algérien et la colère qui peut éclater en Algérie à la suite des pénuries provoquées par les retombées économiques de la pandémie du coronavirus, Tebboune pourrait être menacé par une rébellion des chefs de l’armée dont le prétexte de la colère populaire pourrait leur permettre de le renverser du palais présidentiel d’El-Mouradia. Et c’est ce cauchemar fait peur, très peur à Tebboune. Beaucoup plus peur que le coronavirus.

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