Marrakech, vitrine annoncée de l’Afrique numérique, a offert un tout autre spectacle à l’ouverture de GITEX Africa. Là où l’intelligence artificielle promettait fluidité et innovation, c’est une organisation désordonnée qui a accueilli les premiers visiteurs, y compris les invités VIP et les journalistes.
Sous une chaleur accablante, plusieurs centaines de participants de premier rang ont été contraints de faire la queue pendant de longues minutes, sans assistance ni orientation. Au total, près de 4 000 personnes ont patienté dans des conditions indignes d’un événement censé incarner l’excellence technologique. Une scène en décalage total avec les promesses affichées.
Sur le papier, GITEX Africa coche toutes les cases : intelligence artificielle, infrastructures numériques, innovation de rupture, souveraineté technologique. Dans les faits, dès les premières heures, l’événement a donné l’image d’un système incapable d’appliquer à lui-même les solutions qu’il promeut.
La digitalisation, omniprésente dans les discours et les supports de communication, s’est révélée être le maillon faible de l’organisation. Accréditations lentes, flux mal gérés, absence de dispositifs intelligents de régulation : l’expérience utilisateur, pourtant au cœur des enjeux technologiques actuels, a été reléguée au second plan.
Très vite, les critiques ont émergé. Sur les réseaux sociaux, plusieurs participants, entrepreneurs, investisseurs, visiteurs, ont dénoncé une organisation « pas à la hauteur des ambitions ». Le contraste est d’autant plus frappant que l’événement se veut le plus grand salon continental dédié à la tech et aux startups.
Le sentiment dominant : une technologie exposée, mais absente là où elle devait prouver son utilité, notamment dans la gestion même de l’événement.
Dans une compétition internationale de plus en plus rude pour attirer investisseurs et talents, l’image compte autant que le contenu. Et dans ce registre, les premières heures de GITEX Africa envoient un signal brouillé.