Gros dérapage en Algérie. Le général Gaïd Salah encense une justice à ses ordres, menace l’opposition et réprimande le peuple « réfractaire »…

Tel un éléphant dans un magasin de porcelaine, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, continue de parader ostensiblement dans une Algérie en pleine crise. Le chef de l’état-major de l’ANP et nouvel homme puissant d’Algérie, a repris ce mardi ses habituelles causeries où il distribue les bons points, assène des remontrances et met en garde des « supposés comploteurs ».

Depuis la 1ère région militaire de Blida, Gaïd Salah a sévèrement critiqué les opposants au dialogue avec le pouvoir instauré par le président intérimaire, chahuté depuis sa nomination par des millions d’Algériens. S’ingérant directement dans la vie politique, il a accusé ceux qui refusent de se rendre au dialogue « de s’obstiner à entraîner le pays vers le piège du vide constitutionnel et le faire entrer dans la spirale de la violence et de l’anarchie ». Le général pousse la délicatesse jusqu’à se préoccuper du pouvoir d’achat des citoyens algériens menacé, selon lui, par les manifestations qui perdurent avec des « conséquences néfastes sur l’économie » du pays. Pour le patron de l’armée algérienne, une seule feuille de route donc est aujourd’hui envisagée et envisageable : « aller aux élections le 4 juillet prochain avec le même système et les mêmes hommes mis en place par Abdelaziz Bouteflika ».

D’ailleurs, aux yeux de Gaïd Salah, les manifestants qui refusent les visites sur le terrain des ministres nommés par l’ancien président avant son départ, et qui n’ont prêté serment ni devant le président ni devant le parlement, sont « coupables de comportements intolérables et contraires aux lois de la République ». Ils seraient, d’après le vice-ministre de la Défense la main d’un « complot abject ourdi depuis 2015 et qui vise à déstabiliser et à mettre en péril la sécurité du pays en le menant vers l’impasse ».

Enfin, le général Ahmed Gaïd Salah a tenu à féliciter une Justice qui a accéléré la cadence des poursuites judiciaires, suite notamment à ses injonctions à lui. Faut-il rappeler que ce sont les services de la gendarmerie nationale, relevant de l’Armée Nationale Populaire, qui mènent depuis une semaine, tambour battant, une campagne d’assainissement qui touche principalement les hommes d’affaires, les militaires et les politiques réputés proches de Saïd Bouteflika.

Une situation qui fait dire à ancien ministre, aujourd’hui retiré de la politique, que « le chef de l’état-major sacrifie les têtes d’affiche médiatiques qu’il jette en pâture aux peuple et cela pour ne pas toucher au cœur du réacteur dont il fait partie autant que les Bouteflika ».

 

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