Les Cas Filali et Iquioussen : un antisémitisme à deux vitesses en France

Le gouvernement français navigue à vue. Mais est-ce réellement étonnant de la part d’un exécutif qui collectionne les déclarations rythmées par le deux poids deux mesures dont il nous a habitués ces derniers temps ? Certainement, non. L’intelligentsia parisienne, qui appelle à tue-tête à l’expulsion de l’imam Hassan Iquioussen, accusé notamment d’antisémitisme et actuellement en fuite, n’a pas fait preuve de la même ferveur lorsqu’il s’est agit de la demande d’asile déposée par le couple Dounia et Adnane Filali, pourtant ouvertement antisémites et à disposition des autorités.

Le tollé provoqué par la décision d’expulsion du prédicateur Iquioussen, né et élevé en France, est sans commune mesure avec le silence assourdissant observé par Gerald Darmanin au moment de l’arrivée du couple Filali en Hexagone, et le scandale médiatique qui s’en est suivi suite à l’indignation du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), ayant estimé intolérable la présence sur le sol français de deux personnes connues pour leurs penchants explicitement pro-hezbollah et antisionistes.

Le mutisme du gouvernement français sur le cas Filali, malgré les appels répétés de la société civile à les conduire manu-militari à la frontière, restera sans doute comme un point noir dans l’exploitation politicienne et électoraliste de la lutte contre l’antisémitisme. Et à ce propos, on s’interroge si le journaliste d’origine syrienne Houssam Hammoud, journaliste confirmé, ayant travaillé dans des médias français reconnus, a commis un péché plus grave que la quenelle des Filali, pour voir sa demande d’asile politique rejetée par les autorités de l’Hexagone.

C’est sans doute même, cette perte d’influence qui a conduit Gerald Darmanin a orchestrer l’expulsion d’Iquiouissen vers le Maroc alors que la radicalité du discours de l’imam n’est du seul fait que de l’absence totale d’un encadrement des mosquées en France, où pullule un discours haineux et raciste, loin de l’image d’un islam modéré et tolérant, cultivé et promu par le royaume.

Quel est donc le véritable message que la France cherche à transmettre en traitant de deux manières totalement différentes, deux cas pourtant très similaires ? Pour le moindre observateur, aussi peu aguerri soit-il, la France chercherait des noises au Maroc, soucieuse de voir cette chasse gardée lui échapper.

Les récents événements se succédant, ayant poussé Emmanuel Macron à aller conter fleurette à Alger, renseignent clairement sur la confusion et la frustration de la France à l’égard du Maroc, devenu en l’espace de quelques années, un concurrent de poids de Paris sur le continent africain et dans le monde arabe. Pas surprenant, si besoin est de le rappeler, que la concurrence crée l’adversité.

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