Washington double ses livraisons de produits raffinés et détrône la Russie et l’Espagne. Le diesel et le fioul compensent le recul du gaz espagnol, fragilisé par la crise iranienne.
Le marché marocain des produits pétroliers a changé de visage en 2026. Entre janvier et septembre, les États-Unis sont devenus le premier fournisseur du Royaume par voie maritime, devançant la Russie et l’Espagne, selon les données de suivi des flux de Kpler, Vortexa et du London Stock Exchange Group (LSEG).
Sur les neuf premiers mois de l’année, les importations maritimes marocaines de produits pétroliers ont atteint en moyenne 271 000 barils par jour (b/j), contre 249 000 b/j un an plus tôt, soit une hausse de 9 %.
Les cargaisons américaines ont atteint 61 000 b/j, contre 25 000 b/j sur la même période de 2025, soit une progression de plus de 140 %. Cette envolée propulse les États-Unis à la première place des fournisseurs du Maroc.
La Russie conserve la deuxième position avec 50 000 b/j (39 000 b/j en 2025), en hausse de 28 %. L’Espagne, elle, perd du terrain : ses livraisons ont reculé de 21 %, de 44 000 à 35 000 b/j.
D’autres fournisseurs ont renforcé leur présence. Les volumes turcs sont passés de 10 000 à 22 000 b/j (+120 %), tandis que ceux des Pays-Bas ont été multipliés par cinq, de 4 000 à 20 000 b/j (+400 %).
Ces cinq pays représentent à eux seuls près de 70 % des importations maritimes marocaines de produits pétroliers, signe d’une concentration notable de l’approvisionnement, même si l’origine des flux se redessine.
Le premier trimestre a affiché une moyenne de 284 000 b/j, soit 17 % de plus qu’à la même période de 2025. Mars a marqué le pic de l’année avec 349 000 b/j. Les importations sont ensuite retombées à 252 000 b/j au deuxième trimestre, avant de remonter à 278 000 b/j au troisième, en hausse de 7 % sur un an.
Août a constitué le deuxième sommet mensuel de l’année avec 309 000 b/j, soit 20 % de plus qu’en août 2025. Les arrivages ont ensuite reflué à 253 000 b/j en septembre.
Cette progression s’explique par une demande accrue de fioul et de diesel destinés à la production nationale d’électricité. Ce recours accru aux produits pétroliers constitue une mesure de compensation face à la baisse des approvisionnements en gaz naturel en provenance d’Espagne, eux-mêmes affectés par les répercussions de la crise iranienne.
Le Maroc a ainsi dû se tourner vers d’autres sources d’énergie et de nouveaux fournisseurs pour sécuriser son système électrique. Cette contrainte accélère un rééquilibrage géographique de ses achats, au profit de Washington et, dans une moindre mesure, d’Ankara et d’Amsterdam.