Maroc : face à la campagne de boycott sur Internet, le RNI s’énerve et se braque

La pression ne réussit nullement au Rassemblement national des indépendants. Il a suffi d’un appel au boycott de certaines marques (Sidi Ali, Danone, Afriquia) sur le net, pour que les dirigeants du RNI perdent leur calme et leurs nerfs. Habitué aux dérapages, le ministre des Finances, Mohamed Boussaïd, a été le premier à louper sa sortie. Au parlement, il a accusé les boycotteurs « d’étourdis ». Une qualification qui n’est pas passée sur les réseaux sociaux. Dans la foulée, c’est « Monsieur gaffes »  du RNI, Moncef Belkhayat, qui s’emmêle les pinceaux et se lance dans une logorrhée incompréhensible, menaçant de traquer ceux qui appellent au boycott. Une formulation « autoritaire et sécuritaire » dans la bouche d’un homme d’affaires qui a toujours du mal mesurer ses propos.

Les deux dirigeants ont été accompagnés dans cette « cacophonie » par le député-directeur du siège du RNI, Mustapha Baitas, qui a choisi de ferrailler avec une députée du PJD, en recourant à des éléments de langage « hors sujet ». Selon des sources bien informées à Rabat, c’est la capacité du RNI, parti qui ambitionne de diriger le gouvernement en 2021, à résister à la pression médiatique qui est aujourd’hui scrutée, notamment en haut lieu. « Les dirigeants du RNI se trompent s’ils croient que la campagne vers les élections 2021 va être simple. A l’approche de cette échéance, les choses vont devenir plus compliquées et les joutes plus sanglantes », affirme un ancien ministre qui connaît bien le parti. La campagne de boycott n’est qu’un avant-goût de ce que va être la « prochaine bataille électorale » où tous les coups seront permis.

 

 

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