Quand le logiciel israélien Pegasus sert d’alibi pour « briser l’élan » de certains pays

Le cas de Forbidden Stories qui s’est autoproclamée plateforme protectrice de données et d’enquêtes des journalistes de par le monde, pose réellement problème, à la fois quant à ses motivation qu’à son calendrier et à ses prétendus moyens. L’organisation a, semble-t-il, un « marronnier » qu’elle ressort à des moments précis de l’année afin « d’épingler certains Etats et non d’autres ».

Et la tête à claque de Forbidden Stories et sans conteste le logiciel de surveillance numérique Pegasus créé par l’Israélien NSO. D’après la liste de cette organisation 50.000 numéros de téléphone ont été sélectionnés par les clients de NSO, dont le Maroc, afin de subir une surveillance.

Pour le cas marocain, les services de renseignement marocains auraient surveillé 35 journalistes marocains, algériens et espagnols. Mais également, des chefs d’Etat et de gouvernement, d’anciens ministres en Europe et en Afrique. Plusieurs de ces personnalités « surveillées » ne travaillent pas sur le Maroc et n’ont que peu de liens avec le royaume. D’où la question qui revient normalement pourquoi les services marocains s’intéresseraient à Eric Zemmour par exemple dont les positions sont pérorées à longueur de journées sur les médias français.

Au-delà de la justesse et de l’utilité du choix des personnes « surveillées », c’est le timing choisi pour publier de telles enquêtes annuelles. Au Maroc, c’est chaque année à la veille de la fête nationale du Trône. Et une partie de la presse s’en donne à cœur de joie quand l’enquête concerne les services marocains. D’ailleurs, on a peu lu les détails des enquêtes effectuées sur l’utilisation de Pegasus aux Emirats Arabes Unis, en Arabie Saoudite, au Mexique ou en Inde.

Autre bizarrerie est la non présentation de preuves tangibles concernant « la surveillance prétendue » des 50.000 téléphones. L’année dernière et devant l’insistance de Rabat d’avoir des preuves, Forbidden Stories et le Security Lab d’Amnesty International ont affirmé que les téléphones des journalistes avaient subi une expertise. Cela veut dire que 50.000 téléphones ont été expertisés par les soins de Forbidden Stories et d’Amnesty International et parfois sans que leurs propriétaires n’en soient conscients de la surveillance. Une performance, si elle est vraie, que la plupart des Etats dans le monde ne peuvent réaliser.

Et cela pose la question du financement et des moyens dont disposent les deux organisations. Si on les croit, elles sont outillées pour démasquer des logiciels de surveillance utilisés par une partie des services du renseignement de par le globe. Ou bien sont-elles aiguillées par d’autres services de renseignement, qui ont eux les moyens et la compétence, afin que Forbidden Stories et Amnesty International s’attaquent à certains pays et pas d’autres.

Dans la communauté internationale du renseignement les accusations des deux organisations sont largement commentées. Un ancien cadre de la DGSE reconverti dans l’intelligence économique affirme à Maghreb-intelligence que dans les sphères de la politique du journalisme et des affaires tout le monde espionne tout le monde et celui qui a l’avantage technologique « écoute et surveille » le monde.

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