Tunisie. Le chef du gouvernement Hichem Mechichi sur un siège éjectable après son lâchage par Ennahda

La situation va de mal en pis en Tunisie, où la propagation du coronavirus continue de faire des ravages : un bilan record de 9 823 contaminations et 134 décès au cours des récentes 24 heures.

Si le contexte sanitaire est alarmant, le blocage politique et institutionnel demeure au cœur des discussions au sein du mouvement islamiste, Ennahda, qui concocte une nouvelle stratégie pour contrecarrer les plans du président de la République, Kaïs Saïed, avec qui, ils sont en guerre ouverte.

Alors que le pensionnaire de Carthage refuse toute négociation où application du remaniement ministériel initié par la Troïka parlementaire (Ennahda, Qalb Tounes, Al Karama), les islamistes étudient l’option de lâcher le chef du gouvernement Hichem Mechichi, à l’origine de la discorde.

Contacté par Maghreb Intelligence, l’entourage de Rached Ghannouchi, chef du parti Ennahda et titulaire du perchoir, révèle que le mouvement discute avec ses alliés le nom du futur chef du gouvernement qui succédera à Hichem Mechichi, dont le rendement contesté agace en interne.

“Face au blocage actuel, un gouvernement politique, dirigé par une personnalité nationale est à l’étude pour sortir la Tunisie de la crise politique, économique, sociale et sanitaire étouffante… Et à vrai dire, Mechichi n’est plus en phase avec nos objectifs”, déclare-t-on du côté de Montplaisir.

Dix mois après avoir remplacé Elyes Fakhfakh à la Kasbah, Hichem Mechichi s’est retourné contre Kaïs Saïed, l’homme qui l’a désigné, pour s’allier à Ennahda et sa Troïka parlementaire. Si au départ il semblait bénéficier d’un soutien indéfectible, il est aujourd’hui sur un siège éjectable.

Selon nos sources, la piste Abdellatif Mekki – dirigeant islamiste et ancien ministre de la Santé – prend de plus en plus d’ampleur pour faire oublier l’échec Hichem Mechichi. Le membre du bureau exécutif du mouvement Ennahda est récemment propulsé à la tête des sondages comme la figure politique qui inspire le plus confiance aux Tunisiens et sa nomination ne serait qu’une question de temps.

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