Viol de la loi, cafouillage et mauvaise foi. La faillite morale des ministres du PJD soulève des questions sur la durée de vie du gouvernement El Othmani

Pour les ministres PJD du gouvernement, la semaine dernière a été très chahutée. Entre les cafouillages de Mostafa Ramid et les approximations de Mohamed Amekraz, les islamistes ont démontré leurs limites politiques. Alors que les faits révélés dans la presse faisaient apparaître que les deux ministres, avocats dans le civil, n’avaient pas déclarés à la Caisse nationale de la sécurité sociale CNSS, leurs employés. Pourtant, la déclaration des employés et le paiement des cotisations est une obligation, d’après la loi marocaine.

Mostafa Ramid, pourtant ministre d’Etat et ministre en charge des Droits de l’homme n’a pas seulement « fraudé » la CNSS, mais il s’est permis le luxe de faire ouvrir un arrondissement un samedi afin de faire légaliser une mise au point du père de sa défunte secrétaire non déclarée à la CNSS qui tente très maladroitement de le dédouaner. La ficelle est trop grosse, le refrain paternaliste est pathétique et le tout est une aberration. Et là, on n’est plus seulement dans « le viol de la loi », mais dans un festival de communication maladroite, de silences gênés et de fuites en avant malheureuses.

Et le plus grave, c’est l’absence de prise de parole du chef du gouvernement qui botte en touche en convoquant la commission d’éthique du parti pour Mostafa Ramid, mais ignore l’affaire Mohamed Amekraz, ministre de l’Emploi et de l’insertion professionnelle. D’ailleurs, face à la déferlante de dénonciation qui s’est emparée des réseaux sociaux, El Othmani, pourtant « tweeteur précoce », n’a pas jugé bon de réagir.

Selon des commentaires sur les réseaux sociaux, même un énième remaniement n’arrangera rien à la médiocrité de plusieurs composantes de ce gouvernement. « Le problème est au niveau de la primature. En plus d’être mal entouré, le chef du gouvernement montre beaucoup de faiblesse au niveau de la maîtrise technique et politique des dossiers… C’est une vraie catastrophe », avoue un collaborateur d’un ministre apolitique.

Au sein du PJD, si les langues tardent à publiquement se délier, le malaise est grandissant. C’est ce qui arrache cette boutade amère à un des dirigeants islamistes « la malédiction Benkirane a fini par toucher tous ceux qui ont se sont retournés contre lui dans le parti ».

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