Affaire Graciet-Laurent vs palais royal : ça se corse pour les maîtres-chanteurs

Réunie en assemblée plénière ce vendredi à Paris, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi formulé par les journalistes Catherine Graciet et Eric Laurent qui contestaient la validité des enregistrements réalisés à leur insu par Maître Hicham Naciri, à l’origine de leur mise en examen pour chantage et extorsion de fonds. L’arrêt rendu par la Cour de cassation, dont la décision est définitive, confirme ainsi l’arrêt rendu en février dernier par la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Reims, qui avait jugé ces enregistrements recevables.

Catherine Graciet, 42 ans, et Eric Laurent, 69 ans, avaient été interpellés par la police française le 27 août 2015 à leur sortie de l’hôtel Raphaël dans le 16èmearrondissement de Paris, après un rendez-vous avec l’avocat du palais royal Hicham Naciri. Les deux journalistes étaient alors en possession de 40 000 euros chacun, en liquide, que venait de leur remettre le représentant du roi Mohammed VI, en échange d’un contrat manuscrit de renonciation à publier un livre supposé compromettant pour Rabat. Cela faisait plusieurs mois que les deux journalistes avaient engagé une tentative de chantage, réclamant quelque trois millions d’euros afin d’abandonner la rédaction de cet ouvrage censé contenir des révélations gênantes pour le palais royal. A la suite de leur interpellation et compte tenu des preuves accablantes à leur encontre, les deux maîtres-chanteurs avaient été mis en examen pour chantage et extorsion de fonds.

Pour leur défense, Catherine Graciet et Eric Laurent affirmaient que leur démarche consistait en un simple accord financier, et n’avaient pas hésité à invoquer une tentative de corruption avérée de la part de Rabat. A la suite de cette affaire, les éditions du Seuil, leur éditeur, avaient renoncé à la publication de ce livre, arguant que la « relation de confiance » entre l’éditeur et les auteurs avait été balayée. Le procès des deux journalistes est attendu dans les prochains mois, à moins que la justice française ne prononce un non-lieu.

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