Après de années d’idylle, le torchon brûle entre Mohamed Ben Zayed et Mohamed Ben Salmane

Le 27 juin dernier, l’avion présidentiel égyptien se mobilise sur le tarmac de l’aéroport international de Bagdad. C’est la première visite officielle d’un chef d’Etat égyptien en Irak depuis 1990 et l’invasion par Saddam Hussein du Koweït. Le premier ministre irakien Moustafa Al-Kazimi amis les petits plats dans les grands pour recevoir Abdelfattah Al-Sissi venu revitaliser une alliance qui bat de l’aile depuis une trentaine d’années.

A Ryad, l’image du président Al-Sissi chaudement acclamé et foulant le tapis rouge à Bagdad ont fait grincer les dents des dirigeants. Les dirigeants de l’Arabie Saoudite en froid avec Le Caire depuis des mois ont rapidement compris de quoi il retournait. Selon des sources bien informées, Mohamed Ben Salmane est rentré dans une colère noire accusant devant ses conseillers, Mohamed Ben Zayed de vouloir « encercler le royaume pour mieux l’asphyxier ». Les Saoudiens se sont rendus compte, d’après les sources de Maghreb-intelligence, que c’est les émiratis qui ont facilité les contacts entre Bagdad et Le Caire. Le premier ministre Moustafa Al-Kazimi, réputé proches des services de renseignement américains et donc des services émiratis, aurait été encouragé par Abou Dhabi à recevoir Al-Sissi et le roi Abdallah de Jordanie.

Et MBZ ne s’est pas contenté de ce coup de poker. Lors des réunions d’OPEC +, Abou Dhabi a pris le contre-pied des propositions saoudiennes qui visent à stabiliser le marché du pétrole. En grande crise de liquidité, Ryad vise un prix de baril élevé, alors que les émiratis assis sur un matelas confortable de pétrodollars peuvent se permette un prix de baril bas. A Ryad, c’est le fils du roi, Abdelaziz Ben Salmane, ministre du Pétrole du royaume qui est sorti dans la presse s’en prendre violemment à la « position inamicale » d‘Abou Dhabi.

Il faut dire qu’entre les deux complices (MBZ et MBS), cela fait des mois que les relations ne sont plus ce qu’elles étaient. L’ambitieux prince héritier et homme fort du royaume s’est rendu compte que les forces émiraties au Yémen ne combattent pas vraiment les rebelles houthis. Au contraire dans certaines régions, les milices pro-iraniennes bénéficient d’informations cruciales de la part des gants émiratis actifs sur le terrain. En outre, les dirigeants saoudiens ont été informés par Londres que leurs faramineux projets économiques étaient activement combattus par les émiratis.

Face à l’hostilité des princes émiratis, Ryad n’est pas resté inactive. Les Saoudiens ont totalement normalisé leurs relations avec le Qatar, ennemi juré des Emirats Arabes Unis. Pis encore, il y a deux jours la chaîne de télévision à capitaux saoudiens Al Arabiya, qui émet depuis la ville de Dubaï, a interviewé le leader du Hamas, Khalid Michaâl. Un signal très fort envoyé par MBS à MBZ. Dans la défense de ses intérêts, Ryad peut aller jusqu’à rompre l’alliance sacrée qu’elle avec les émiratis contre l’islam politique. Mohamed Ben Salmane compte bien montrer à son ex-mentor (MBZ) que s’il veut, il peut lui faire très mal.

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  1. samir 14:33 - juillet 7, 2021

    des gamins , la diplomatie arabe ne se base pas sur le moyen et long terme , non elle est calqué sur une cour de récréation où les enfants se chamaillent,et après ils sont copains ,et ainsi de suite , or toute la planète terre savent qu’ils n’ont pas les moyens de leur ambition, ils ne conçoivent même pas une aiguille, et encore moins faire un trou dans cette aiguille, vraiment , ça laisse perplexe,