Chakib Benmoussa : d’anciennes pratiques pour un nouveau modèle

Pur produit du système Meziane Belfkih, artisan de ce Maroc du nouveau millénaire en manque d’inspiration pour trouver son modèle de développement, Chakib Benmoussa a souvent été « vendu » comme l’homme du renouveau et du changement. Premier ingénieur à diriger la mère des ministères, premier président du Conseil économique et social… il est depuis le 19 novembre en charge de cette Commission spéciale sur le modèle de développement (CSMD) à laquelle le roi Mohammed VI a consacré tant de discours et sur laquelle repose l’avenir du Maroc. Mais comme lors de ses passages aux hautes fonctions précitées, tout laisse indiquer que ce premier de la classe se contentera d’amorcer un soupçon de réformes, laissant cet arrière-goût amertume d’inachevé. Ses premiers pas de président de la CSMD sont là pour le démontrer…

Avant la nomination par le roi des membres de cette commission, son président a choisi une de ces anciennes pratiques désuètes pour communiquer avec l’opinion publique : des journalistes triés sur le volet par une agence de relations publiques choisie sur on ne sait quels critères pour relayer deux – trois bribes de l’approche Benmoussa dont il va falloir se contenter. Pas de conférence de presse non plus à l’issue de la première réunion de Benmoussa et ses 35 de la CSMD. Les Marocains doivent se contenter de savoir que les membres de la commission ont convenu d’une charte morale dont la principale résolution est le fait qu’ils prennent part aux travaux à titre bénévole sans aucune rémunération ou avantage, sous quelque forme que ce soit. Au sujet du secrétariat permanent de la CSMD pas un traître mot. Aucune indication sur le budget de la CSMD pour les six prochains mois que durera au moins sa mission ; aucune mention du compte (visiblement très) spécial qui lui servira de source de financement ; et encore moins, sur le rôle de communiquant autoproclamés sur les réseaux sociaux alors qu’ils ont pourtant fort à faire dans des établissements publics où ils sont salariés. Autant d’indices du manque de transparence de cette CSMD sur laquelle repose le rêve du Maroc nouveau de la prochaine décennie.
Pourtant, l’amélioration de la transparence dans la gestion des affaires publiques est une valeur fondamentale pour espérer suivre dans la clarté n’importe quel sentier qui mène vers le développement. Sans cette valeur fondamentale, tout nouveau modèle serait une chimère. C’est une évidence, nul besoin d’une commission pour en arriver à ce constat-principe de base… sauf peut-être pour un président qui a d’anciennes pratiques inscrites dans son ADN de haut commis…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. Mohamed 11:41 - décembre 29, 2019

    Toujours les mêmes visages et les mêmes personnes, on croirait qu’ils n’y a qu’eux dans ce pays !!!!?????