Eric Besson, le marrakchi «magnifique»

Sur lui, tout a été dit ou presque. Depuis le déballage-très contrôlé- de son ex compagne Sylvie Brunel dans l’ouvrage «Manuel de Guérilla a l’usage des femmes», l’on pensait avoir fait le tour de la personnalité complexe du ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire.

Ex-conseiller pour les affaires économiques de Ségolène Royal, passé à droite juste avant la présidentielle de 2007, Besson traine une étiquette de «traître» que s’était coltinée pendant des années Nicolas Sarkozy «himself», suite à son soutien  en faveur d’Edouard Balladur au dépends de Jacques Chirac en 95. Le ministre de l’immigration se plait d’ailleurs à rappeler en privé  cette similitude avec son patron, ainsi que le parallélisme de leurs ambitions dévorantes. En secret- et ce n’est en secret pour personne- Eric Besson rêve de devenir Président de la République, et compte sur un maillage serré du territoire tissé depuis son arrivée au gouvernement. Cependant, le cas d’Eric Besson intrigue au Maghreb plus qu’ailleurs, car voici un ministre né au Maroc, qui est chargé de débarrasser l’hexagone des migrants en situation irrégulière ! De plus, Besson entretient des amitiés discrètes mais précieuses avec plusieurs personnalités de premier plan au sud de la Méditerranée. Le ministre tutoie ainsi Ahmed Lahlimi, inamovible haut commissaire au plan de Mohammed VI, avec lequel il cultive la nostalgie de leurs passé commun de socialistes bon teint. En Tunisie, sa liaison avec Yasmine Tordjman, issue de la famille du libérateur Habib Bourguiba, a contribué à renforcer ses liens avec la haute bourgeoisie tunisienne mais à distendre ses relations avec le clan Ben Ali, pour lequel tout ce qui touche à Bourguiba est suspect. Néanmoins, Besson peut compter sur l’entregent du producteur international Tarek Ben Ammar, qui lui aurait présenté la jeune femme, pour  lui assurer une certaine stabilité en Tunisie. Avec l’Algérie, le courant passerait plus difficilement avec les principaux dirigeants, suite à la montée au créneau de Besson l’an dernier pour «regretter» officiellement la proposition algérienne de criminaliser le colonialisme. Néanmoins, Besson garderait un contact régulier avec Saïd Bouteflika, ce dernier se délectant des anecdotes sur le microsome parisien et la «biosphère» sarkoziste qui lui sont régulièrement rapportées par son «ami Eric», faisant la joie du Président qui est friand de ce genre d’informations …

 

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