Exclusif. Kaïs Saïed a accepté de transformer la Tunisie en une annexe de la caserne des services secrets algériens

Depuis l’exfiltration par les services secrets algériens de l’opposant et réfugié kabyle en Tunisie Slimane Bouhafs, les autorités tunisiennes et à leur tête Kais Saied ne cessent de relativiser la portée de ce scandale en promettant depuis plusieurs une enquête pour déterminer les circonstances du kidnapping de Slimane Bouhafs en pleine rue à Tunisie et sa « livraison » à l’Algérie le 25 aôut dernier.

En vérité, les promesses de Kais Saied ne sont que purs mensonges car le Président tunisien refuse de dire la vérité à l’opinion publique internationale et tunisienne concernant l’accord secret qu’il avait noué avec le régime algérien qu’il s’est emparé de tous les pouvoirs à la fin du mois de juillet dernier. En contrepartie du soutien d’Alger, Kais Saied a accepté tout simplement de transformer la Tunisie en « une annexe d’une caserne des services secrets algériens » comme s’amuse à nous confier un diplomate algérien fin connaisseur des relations algéro-tunisiennes.

Pour gagner le soutien de l’allié algérien, Kais Saied a instruit les services de sécurité tunisiens à négocier avec leurs homologues algériens de nombreuses concessions au risque de violer tout bonnement la souveraineté tunisienne. Ainsi, désormais, les services secrets algériens ont toute la latitude de traquer les opposants algériens qui fuient le pays en passant par la Tunisie. Dés qu’un opposant ou activiste est repéré en Tunisie, les services secrets algériens peuvent organiser des opérations pour procéder à son arrestation et son transfert terrestre vers l’Algérie depuis le territoire tunisien. C’est, d’ailleurs, ce qui s’est exactement passé avec Slimane Bouhafs qui jouit, pourtant, du statut de réfugié politique accordé par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Au niveau des postes frontaliers tunisiens, ports comme aéroports, les services algériens peuvent dépêcher des agents en étroite collaboration avec leurs homologues tunisiens pour procéder à la surveillance ou la traque d’individus recherchés par Alger. Par ailleurs, une liste de personnalités algériennes a été remise aux autorités tunisiennes par Alger pour que Tunis avertissent les services algériens au moindre mouvement de ces personnalités sur le territoire tunisien.

Cette liste contient des personnalités politiques de l’opposition et des cercles hostiles au pouvoir à Alger. Avec ces concessions accordées par Kais Saied, la Tunisie est devenue pratiquement une « wilaya algérienne » où les services de sécurité algériens peuvent exercer la terreur comme ailleurs en Algérie : arrestations arbitraires, harcèlement ou kidnappings pour des transferts secrets vers le territoire algérien. Et même si certaines organisations de la société civile tunisienne sont scandalisées par la proximité troublante avec Alger depuis l’affaire du réfugié Slimane Bouhafs, le président tunisien ne change pas de cap et préfère sacrifier la vie et les libertés des opposants algériens pour préserver son alliance avec Alger. Quel déshonneur pour un homme qui prétend défendre l’esprit de la Révolution du Jasmin.

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