Exclusif. Perquisitions, enquêtes judiciaires contre des hauts responsables : règlements de comptes ou opération mains propres de Bouteflika ?

Malade, oui. Affaibli, non ! A la surprise générale, Abdelaziz Bouteflika est en train de donner un véritable coup de pied dans la fourmilière du régime algérien. A son retour de Suisse où il avait subi des soins dans une clinique privée, le Président algérien s’est tout simplement révolté contre plusieurs des dirigeants impliqués dans des affaires de corruption. Choqué par l’ampleur de la corruption au sein des institutions sécuritaires et militaires,  Abdelaziz Bouteflika a pris des décisions radicales qui marquent un tournant majeur dans l’actuelle situation politique du pays.

Ainsi, a-t-il donné l’ordre de mener des perquisitions aux domiciles de plusieurs hauts responsables de l’armée et de la police algérienne. Les maisons et villas des généraux-majors Mokdad, Said Bey, Habib Chentouf,  Boudouaouer Boudjemaa, Abderrazak Chérif et Abdelghani Hamel, l’ancien patron de la police algérienne, ont été récemment perquisitionnées par les enquêteurs des services de sécurité algériens, a-t-on appris de sources sûres. Ces perquisitions ont été, par la suite, étendues à d’autres personnalités sur ordre de la présidence de la République.

Il s’agit particulièrement d’Abdelmadjid Tebboune, l’ancien Premier-ministre, dont le fils Khaled est toujours écroué à la prison d’El-Harrach pour son implication dans l’affaire de « Kamel le Boucher », le baron de l’immobilier et principal suspect du scandale de la cocaïne du port d’Oran. Le domicile de l’ex patron de la police dans la wilaya d’Alger et contrôleur de police Nourredine Berrached, a été également perquisitionné.

Le chef de l’Etat algérien a également ordonné le retrait des passeports à 5 généraux-majors algériens. Ils ne pourront plus quitter le territoire algérien avant la conclusion des enquêtes judiciaires réclamées par le Palais d’El-Mouradia sur les relations troublantes entre les lobbys de l’argent et les hauts responsables de l’institution militaire.

Des rapports détaillés et fouillés ont été demandés également par les conseillers du président algérien concernant les accointances de certains généraux avec l’ancien patron du DRS, le général Toufik. Selon nos informations, Abdelaziz Bouteflika veut absolument comprendre pourquoi les généraux-majors Said Bey et Habib Chentouf ont rencontré récemment le général Toufik à Ain Benian. Cette rencontre a eu lieu dans une conjoncture politique très particulière puisque l’Algérie est à la veille d’une élection présidentielle prévue en avril 2019.

D’autres mesures importantes devraient suivre et seront annoncées dans les prochains jours. Abdelaziz Bouteflika marque enfin son retour dans l’arène politique et démontre qu’il est le seul détenteur du « vrai pouvoir » en Algérie.

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