Ghannouchi sauve la face du gouvernement

Après avoir affiché son indignation, le gouvernement transitoire tunisien a été contraint à l’arrangement avec l’Italie. Le rejet farouche de l’offre italienne d’envoyer des forces pour endiguer le flot de migrants clandestins, a permis de sauver la face du gouvernement. Mais le premier ministre Ghannouchi a dû accepter discrètement la collaboration italienne. On apprend ainsi de source sûre à Tunis, que cette aide comporte des moyens logistiques navals et terrestres, mais aussi des spécialistes italiens. Les forces tunisiennes seront assistées par des patrouilles italiennes pour le contrôle des côtes, d’où sont partis ces derniers jours plusieurs milliers de clandestins vers l’île de Lampedusa. Profitant de la désorganisation consécutive à la révolution du Jasmin, des milliers de tunisiens rêvant de rejoindre l’eldorado européen ont franchi le pas. Désoeuvrés ou sous employés, les jeunes ne sont pas plus rassurés sur leur avenir malgré la chute de la dictature et les espoirs suscités par la révolution. Les clandestins paient jusqu’à 2000 dollars pour la traversée au départ du golfe de Gabès, distant de quelque 150 km de Lampedusa. L’appel à la rescousse d’unités de l’armée pour épauler les garde-côtes a permis d’avorter plusieurs départs de migrants. Pour autant, cela n’a pas permis de circonscrire le flux compte tenu de l’ampleur du phénomène.
Finalement, le gouvernement transitoire a cédé aux pressions italiennes et européennes, qui ont tout de même promis des aides d’urgences en plus de subventions qui seront dévoilées en mars, à la conférence internationale sur l’appui des réformes en Tunisie.

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