Hichem Mechichi ou quand politique rime avec mauvaise gouvernance

C’est Noël avant l’heure à Tunis. Après avoir cédé aux revendications des sit-inneurs d’El Kamour aux dépens des finances publiques chaotiques, le chef du gouvernement Hichem Mechichi, l’homme qui ne dit jamais non, s’est engagé à respecter un ensemble de mesures en faveur des magistrats tunisiens, dont la plus surprenante est la construction d’un hôpital dédié aux juges et leurs familles. Une décision controversée, approuvée au terme d’une réunion tenue à la Kasbah pour mettre fin à la grève générale des juges et magistrats, en colère suite à la mort de deux collègues après avoir contracté le coronavirus en raison des conditions de travail très précaires… Mais à quel prix ?

Les solutions populistes et démesurées du chef du gouvernement poussent encore plus vers le corporatisme et le régionalisme. Pour sa prochaine sortie, va-t-il approuvé un autre hôpital pour les avocats ? Les imams ? Les enseignants ? Ou encore pour les artistes qui sont également en grève ? Alors que les professionnels de la santé réclament des équipements de base et une meilleure infrastructure sanitaire pour une meilleure qualité de soins, Hichem Mechichi, joue au père Noël, prône la discrimination sociale et confirme sa gouvernance très contestée. Certes, le gouvernement est confronté à une conjoncture défavorable, mais la gestion des crises intrigue.

En effet, le séjour de Hichem Mechichi à la Kasbah est riche d’enseignements. L’heure est au sacrifice et l’exécutif envisage, en toute inconscience, des dépenses au-delà des capacités financières du pays. Le chef du gouvernement cède à tout type de chantage, divise le pays en deux, la Tunisie des privilégiés et celle des marginalisés, et opte pour la fuite vers l’avant. Par son immaturité politique et ses décisions nuisibles, Mechichi est loin de redresser la barre et sauver le pays d’une étouffante crise socio-économique. S’il peut encore compter sur le soutien de la nouvelle Troïka, sa carrière politique est désormais vouée à l’échec car, depuis le soulèvement populaire de 2011, jamais un chef de gouvernement n’a enchaîné des décisions aussi insensées.

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