La CIA n’aime pas la démocratie pakistanaise

Il ya deux ans et demie, le général Pervez Musharraf avait quitté la tête de l’Etat au Pakistan sous la pression à la fois de la rue et des Etats-Unis.

Aujourd’hui, alors qu’on pensait que l’ancien dictateur avait définitivement raccroché, voilà qu’il se rappelle au bon souvenir de ses concitoyens en créant son propre parti. Et ce n’est pas le seul militaire qui fait parler de lui en ce moment. Le général Ashfaq Pervez Kayani, chef de l’armée pakistanaise multiplie les rencontres avec les hauts responsables politiques du pays, notamment avec le président Asif Ali Zardari. A Washington, on voit d’un bon œil les pressions de l’armée sur la classe politique jugée corrompue et incompétente. En effet, depuis deux ans, le Pakistan est engagé dans une spirale infernale. Le pays qui dispose de l’arme nucléaire est en proie à une véritable guerre civile dans ses frontières avec l’Afghanistan. La démocratie tant souhaitée et encouragée à l’époque par les Américains n’a eu les résultats escomptés. A la CIA, les analystes sont sans concession : « si cela continue comme ça, le pays pourrait se désintégrer et on est pas à l’abri d’un coup d’Etat islamiste ». Une horreur que les experts de Langley ne voudraient pas voir, parce que la signifierait tout simplement l’embrasement de tout la région. En écartant l’option de coup d’Etat, les Etats-Unis poussent l’armée à agir dans les coulisses afin de donner le tempo à la classe politique. Un jeu dangereux, estiment certains observateurs. Les généraux pakistanais ne sont eux-mêmes un modèle de vertu. Les années de Pervez Musharraf sont là pour le rappeler à tout le monde.

 

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