Mahmoud Abbas pas «labass» ?

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas (Abou Mazen), est aujourd’hui plus affaibli que jamais. Pour preuve, son retrait ces dernières semaines

de la scène, laissant la place tantôt au premier ministre, Salam Fayad, tantôt aux autres figures historiques du Fatah, qui sont toujours à ses côtés à Ramallah.
Les positions agressives de l’Etat hébreu, à commencer par la poursuite des projets de colonisation à Al Quds-Est, et le refoulement d’une dizaine de milliers de palestiniens provenant de Cisjordanie, ne font que «déprimer» le chef de l’autorité palestinienne (un mot répété par un de ses proches collaborateurs devant un chef d’Etat arabe). Le moral en berne de Mahmoud Abbas n’est pas dû seulement à la position des régimes « contestataires » de la région comme la Syrie et l’Iran, mais aussi à celle des pays jugés modérés comme l’Arabie Saoudite et la Jordanie. Ces derniers ne cessent de reporter les visites souhaités par Abou Mazen. De ce fait, certains proches du successeur de Yasser Arafat craignent une «rébellion» au sein de l’équipe dirigeante au sein du Fatah.
En effet, la direction du Fatah n’accepte pas les rôles de plus en plus proéminents accordés par Mahmoud Abbas à Salam Fayad, le «chouchou» des Etats-Unis et des institutions financières internationales, et à Yasser Abed Rabbo, qui met la main sur les médias de l’Autorité Palestinienne. Les deux hommes occupent de plus en plus les devants de la scène mais ne font pas partie du mouvement Fatah.
En outre, ce qui rend Mahmoud Abbas encore plus vulnérable, c’est sa crainte d’être lâché par l’Egypte et par le président Moubarak, qui a toujours constitué son principal appui durant toutes les rudes épreuves des dernières années. Les incertitudes égyptiennes concernant la santé du raïs ainsi que la tenue probable de prochaines élections mettent ainsi Abou Mazen sur la corde raide.

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