Ramzi Khiroun, le janissaire de DSK

Son nom ne dit pas grand chose au grand public, mais c’est déjà un homme qui compte. Le magazine GQ l’a classé parmi les 30 personnalités les plus influentes de l’Hexagone. Il faut dire que Ramzi Khiroun, 39 ans, fils de chauffeur de taxi algérien de Sarcelles, cumule les casquettes.

Pilier de la garde rapprochée de Dominique Strauss-Kahn depuis 1999, émargeant à Euro-RSCG, il est depuis 2007 porte-parole de Lagardère et l’un des 12 membres du comité exécutif du groupe.
Cette ascension météorique, Ramzi l’autodidacte, la doit d’abord et avant tout à son culot. Militant PS de la circonscription de Strauss-Kahn, alors ministre de l’économie de Lionel Jospin, il alpague le leader pour le mettre en garde contre les retombées de l’affaire de la MNEF, dans laquelle le nom de DSK était mêlé. Bien vu. Quelques semaines après, le ministre est forcé de démissionner. Les rangs s’éclaircissent autour de lui. Il embauche Ramzi comme conseiller presse. Fonceur, doté d’un bagout incroyable, il détonne dans le monde policé de la politique et des médias, mais apprend vite et sait se rendre indispensable. Son sang-froid et sa capacité à « déminer » les problèmes font merveille. DSK l’adopte. Le collaborateur se transforme en homme de confiance, puis en ami du couple Strauss Kahn/Anne Sinclair. Aujourd’hui, c’est l’un des rares à être régulièrement invité dans leur Riad de Marrakech.       
En 2002, son mentor, battu aux législatives, le « recase » auprès de son ami Stéphane Fouks, patron d’Euro-RSCG. Aujourd’hui, avec Fouks, Gilles Finchelstein et Anne Hommel, Ramzi Khiroun fait partie de la « Task force 2012 » de DSK. Il possède des « antennes » dans toutes les rédactions. Expert en « gestion de crises », son job consiste à avoir toujours un coup d’avance, à savoir ce qui s’écrira dans la presse le lendemain, pour permettre à ses patrons d’anticiper et d’orchestrer la riposte. Il a « assuré la défense médiatique » du tennisman Richard Gasquet, après son contrôle positif à la cocaïne. Il a épaulé DSK, lors de la révélation de sa liaison extraconjugale avec une économiste hongroise. A chaque fois, « il a gagné »…
Ramzi Khiroun a du talent mais il sent le soufre. Car il sait aussi « faire pression amicalement » sur les journalistes, et s’est retrouvé sur la sellette, en novembre 2006, quand les partisans de DSK, infiltrés dans la salle, ont « saboté » un meeting de sa rivale Ségolène Royal. Mais c’est précisément ce côté « voyou »  qui plairait tant à DSK. C’est sûr, si DSK y va – et tout indique que DSK a très envie d’y aller -, RK est promis à un bel avenir…

 

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