Terrorisme : les pressions diplomatiques de l’Elysée sur Carthage

Affaiblie par une crise sociale, économique et financière sans précédent, la Tunisie fait également face à des pressions diplomatiques menées par l’Elysée. Un dossier, très délicat, piloté par le ministre français de l’intérieur en déplacement, vendredi, à Tunis. Gérald Darmanin s’est réuni avec le président de la République Kaïs à Carthage avant de rencontrer son homologue tunisien Taoufik Charfeddine, le chef de la diplomatie Othman Jarandi et le chef du gouvernement Hichem Mechichi.

Au programme, discuter de la coopération sécuritaire après l’attentat de Nice, dont l’auteur est un Tunisien arrivé illégalement en France. Les autorités tunisiennes doivent s’engager à faciliter l’octroi de laissez-passer consulaires (LPC), une mesure indispensable pour éloigner de force les éléments dangereux de France. Seul bémol, le consulat tunisien en France paraphe environ 55% des demandes de LPC, insuffisant pour Gérald Darmanin qui compte obtenir le feu vert de Carthage et de la Kasbah pour expulser de France les immigrants illégaux, radicalisés.

L’émissaire de l’Elysée aurait opté pour la diplomatie de la pression maximale. Comment ? En évoquant une éventuelle révision de l’agenda des aides accordées par la France à la Tunisie, outre la réforme du système d’octroi des visas touristiques aux Tunisiens, dont certains décident de s’installer, clandestinement, dans l’hexagone après la fin de leur séjour légal. Malgré la colère de la société civile contre la visite de Darmanin et la contestation de ses projets pour les immigrants illégaux, le ministre français de l’Intérieur aurait obtenu gain de cause. Le président Saïed a affirmé vouloir trouver des solutions aux obstacles freinants l’application de l’accord conclu entre la Tunisie et la France en 2008 relatif à l’expulsion des personnes en situation irrégulière. En effet, Carthage n’est pas en mesure d’entamer un bras de fer contre l’Elysée, l’un de ses principaux créanciers et dont le rôle dans les orientations du FMI et de la Banque mondiale est non négligeable.

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  1. Boutiche Mohamed 10:26 - novembre 7, 2020

    J’ai fait annulé les 2 visites prévues en octobre 2020 par Gerald Darmanin en Algérie .
    Islamic-Intelligence…

  2. nuages & soleil 17:56 - novembre 8, 2020

    C’est comme cela depuis des dizaines d’années.