Tunisie : le nouveau coup de pression de Kaïs Saïed sur Hichem Mechichi

La dernière réunion du Conseil des ministres, présidée par Kaïs Saïed, a été tendue. Parti dans un bras de fer sans fin contre le chef du gouvernement, le président de la République, s’est, encore une fois, lancé dans une diatribe contre Hichem Mechichi.

À l’origine de cette nouvelle embrouille, le mercato ministériel mené par son “ennemi”. Pour le président de la République, le pensionnaire de la Kasbah est guidé par les directives et les intérêts partisans de ses alliés : Ennahdha, Qalb Tounes et Al Karama. Kaïs Saïed s’est même engagé à ne pas autoriser les quatre ministres, soupçonnés de corruption, à prêter serment, une mesure fondamentale pour entamer leur mission.

“Aujourd’hui, je vais agir pour protéger l’Etat et les intérêts des Tunisiens avec tous les moyens juridiques à ma possession” poursuit, énervé, l’expert en droit constitutionnel. En effet, Mechichi, désigné par le chef d’État pour succéder à Elyes Fakhfakh, s’était remis à la Troïka pour passer son gouvernement avec une promesse de remaniement.

Chose promise, chose due ! Il a fini par céder à la pression de ses alliés, décider le remaniement et écarter les ministres du président, avec qui il est en parfait désaccord… Une opération montée en urgence pour lui garantir une ceinture parlementaire fiable, mais également confirmer l’acte de rupture irrévocable entre les deux têtes de l’exécutif.

Place maintenant au vote de confiance qui se fera, mardi, sous le dôme de l’hémicycle du Bardo, une démarche inconstitutionnelle conformément à l’article 92 de la Constitution. À ce sujet, le président a remis son costume d’universitaire pour faire leçon à Mechichi : “la Constitution n’exige pas la présentation de la nouvelle composition devant le Parlement, cette disposition du règlement intérieur de l’assemblée, n’est pas une loi”.

Cet énième recadrage en direct ne fait qu’empirer le désordre institutionnel en Tunisie alors que le pays traverse une crise multidimensionnelle et une violente révolte sociale. Les heurts entre les protestataires et la police se multiplient et le décès de Haykel Rachdi, jeune manifestant blessé lors des événements survenus à Sbeïtla, pourrait avoir de lourdes conséquences sur le pouvoir. Affaire à suivre…

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