Selon la dernière « Carte des exportations 2026 » présentée par SACE, groupe financier contrôlé par le Trésor italien, le Maroc fait partie des trois nouvelles destinations stratégiques aux côtés de l’Inde et du Brésil. Un choix assumé dans un environnement mondial encore instable.
Dans le classement des 16 pays stratégiques établi par SACE, le Maroc occupe la quatrième position en termes d’opportunités d’exportation, avec un indice EOI (Export Opportunity Index) de 78 sur 100.
Malgré un risque de crédit évalué à 58, un niveau jugé maîtrisable, le Royaume se distingue par son potentiel de croissance, sa capacité d’absorption des investissements et son dynamisme dans des secteurs structurants, notamment les énergies renouvelables.
Pour Alessandro Terzulli, économiste en chef de SACE, le Maroc représente un marché « à suivre de près », offrant un fort potentiel pour les entreprises italiennes, notamment dans la construction mécanique, l’agroalimentaire, les équipements électriques et les composants pour les moyens de transport (navires, trains, aéronautique).
Dans cette stratégie d’expansion, le Maroc apparaît comme un levier de diversification face à la dépendance aux marchés traditionnels, notamment les États-Unis, deuxième débouché italien.
Pour les entreprises du « Made in Italy », le Royaume offre plusieurs atouts : proximité géographique, stabilité macroéconomique relative, intégration croissante dans les chaînes de valeur industrielles et positionnement stratégique comme porte d’entrée vers l’Afrique subsaharienne.
Les secteurs ciblés correspondent étroitement aux priorités de développement marocaines : infrastructures, énergie, transport, agro-industrie.
Le positionnement italien dans la mécanique et les équipements industriels trouve un terrain naturel au Maroc, engagé dans une modernisation accélérée de ses capacités productives. Les investissements dans les renouvelables, solaire et éolien, ouvrent également des perspectives pour les fournisseurs italiens spécialisés dans les technologies énergétiques.
Au-delà des flux commerciaux, la relation italo-marocaine tend à évoluer vers un partenariat industriel plus intégré, combinant exportations, co-investissements et implantation locale.
En intégrant le Maroc parmi ses priorités stratégiques, l’Italie consolide un axe économique euro-méditerranéen appelé à prendre de l’ampleur. Les deux pays partagent des intérêts convergents en matière d’énergie, d’industrialisation et de connectivité logistique.