Le cinquième mandat de Bouteflika repousse l’échéance du « face-à-face » entre les deux clans du pouvoir algérien

La trêve qui règne à Alger entre les différents clans du pouvoir devrait en principe se poursuivre jusqu’après l’élection présidentielle de 2019, qui devrait en toute logique voir Abdelaziz Bouteflika se succéder à lui-même, et ce  pour la quatrième fois. Selon des sources bien informées dans la capitale algérienne, la reconduction du « président impotent » à la tête de l’Etat, malgré l’image dramatico-burlesque qu’elle renvoie, s’impose à tous les clans. « C’est un compromis qui permet d’éviter au pays une période de turbulences et de tensions, ou dans le pire des cas, un affrontement entre les puissants», affirme un ancien candidat à la présidence.

En 2019, Abdelaziz Bouteflika, malade et fortement diminué, aura 82 ans. Un âge qui va cette fois-ci ouvrir la voie à une succession programmée biologiquement. « Le problème c’est que l’âge rattrape également l’autre, le chef de l’état-major le général Ahmed Gaïd Salah, que d’aucuns voient comme un potentiel candidat à la présidence si jamais un « accident » survenait d’ici à 2019, ou juste après », explique un diplomate européen en poste à Alger.

Il est clair que la présidence est totalement verrouillée par le clan Bouteflika, avec à sa tête le frère cadet du président, Saïd, qui a pu tisser un réseau d’allégeance qui s’étend, au-delà de la sphère des hommes d’affaires et des médias, au sein même de l’institution militaire.  Un constat que tempère notre diplomate qui assure que les hauts gradés restent toujours très puissants et auront leur mot à dire le moment venu. « Si Abdelaziz Bouteflika jouit tout de même d’une aura certaine auprès des militaires, ce n’est pas le cas de son frère Saïd qui passe pour un homme de l’ombre avide d’intrigues et qui n’aurait pas les qualités pour diriger un pays comme l’Algérie », confie à Maghreb Intelligence un ancien haut gradé du DRS, devenu aujourd’hui le DSS, qui pense que le général Bachir Tartag, aujourd’hui âgé de 68 ans, aura certainement un rôle très important à jouer dans les années à venir. « Pour le moment, le général Tartag  marche sur des œufs. Il ménage le général Gaïd Salah tout en se rendant indispensable pour Saïd Bouteflika. N’empêche que Tartag a toujours été ambitieux, et à défaut de se rêver un destin national, il pourrait être tenté par le rôle de faiseur de roi », ajoute notre interlocuteur, qui l’avait côtoyé de près pendant la décennie noire.

En se préparant à un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, les Algériens ne peuvent s’empêcher de penser déjà à sa succession. Son frère, un ancien premier ministre ou un militaire reconverti en politique ? Toutes les options sont envisageables, « cela dépendra de qui dégainera le premier ».

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.