Dans le baromètre Orchestra/L’Écho touristique, la destination marocaine se hisse à la cinquième place du top 20 dans un marché français en repli de 6,5%. Face à elle, l’Espagne perd 23,1%, l’Égypte cède 4,2% et la Tunisie progresse de 1,6% seulement.
Le Maroc s’impose comme la grande surprise d’octobre. Selon le baromètre mensuel réalisé par Orchestra pour L’Écho touristique, qui mesure les ventes des voyagistes dans les agences françaises, traditionnelles et en ligne, les ventes de séjours reculent de 6,5% en octobre 2026. Dans ce marché orienté à la baisse, la destination marocaine bondit de 24,5% et se classe cinquième du top 20.
L’activité ralentit mois après mois. Après un fort rebond en août (+7,3% par rapport à août 2025), puis une hausse plus modérée en septembre (+2,8%), octobre bascule dans le rouge. Les ventes de dernière minute n’ont pas suffi à redresser le mois, pénalisé par les manifestations en France, l’inflation et le prix élevé du kérosène. Les prises de commandes concernent surtout l’automne-hiver, auprès de clients aux budgets moins contraints que les vacanciers de l’été. Les réservations ont été effectuées en moyenne à environ 86 jours du départ, soit 11% de plus qu’un an plus tôt.
La France métropolitaine conserve la première place. L’Espagne reste deuxième, mais chute de 23,1%, un recul inédit depuis la pandémie. Les difficultés de la low-cost espagnole Volotea en sont une cause probable : la compagnie a annulé de nombreux vols, contraignant parfois les passagers à modifier leurs projets, et la plupart des voyagistes ont suspendu la vente de ses billets. Les agences ont dû chercher des solutions de repli.
C’est là que le Maroc fait la différence. Le baromètre le désigne comme le grand gagnant des re-protections de dossiers, ces reports de clients vers une autre destination lorsque le projet initial tombe à l’eau. Sa progression de 24,5% contraste avec la tendance du marché et avec celle de ses concurrents directs en Méditerranée et en Afrique du Nord.
L’Égypte, principale rivale du Maroc sur le segment des séjours hors Europe, n’a pas profité de la redistribution des flux. Son volume d’affaires sur les réservations recule de 4,2% et son panier moyen baisse de 2,8%. La destination perd donc à la fois en volume et en valeur par dossier, un double repli qui la place à l’opposé de la dynamique marocaine.
La Tunisie résiste mieux, mais sans décoller. Son volume d’affaires progresse de 1,6% et son panier moyen de 1%. Une croissance positive, mais sans commune mesure avec les 24,5% du Maroc.
Les ventes de séjours pour les vacances de Noël et du Nouvel An reculent de 3,7% par rapport à 2025. Le marché reste sous pression, ce qui rend le gain de parts du Maroc d’autant plus notable.