Pas avec nous, donc forcément contre nous !

Les médias algériens, dont la plupart sont à l’écoute des directives de l’oligarchie militaire, ont souvent leur propre façon d’interpréter les événements. Ces publications ont réagi de manière prompte et virulente à l’annonce vendredi 3 septembre, de la décision du gouvernement espagnol de vouloir vendre à la Mauritanie un avion de reconnaissance maritime de type Ka Sa C 212, au prix symbolique de 100 euros.

Si pour les journaux espagnols, il s’agit d’une simple transaction entrant dans le cadre des accords de coopération bilatérale liant les deux pays en matière de sécurité et de lutte contre l’immigration clandestine, pour leurs confrères algériens, ce fait divers méritait une toute autre interprétation.
Ces deniers affirment qu’il s’agit plutôt d’un cadeau espagnol à Nouakchott en guise de récompense pour la contribution mauritanienne à la libération des deux otages espagnols des mains d’Al Qaeda au Maghreb islamique (AQMI).
Mais, selon des spécialistes du dossier du Sahara Occidental, il faut rechercher l’explication de la réplique des médias algériens, plutôt dans les dernières déclarations du chef de la diplomatie espagnole sur le conflit du Sahara opposant le Maroc et le front Polisario, soutenu par le pouvoir algérien.
A l’issue des entretiens qu’il a eus vendredi 3 septembre à Madrid, avec son homologue Français, Bernard Kouchner, le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos a, en effet, déclaré que l’Espagne et la France avaient la même vision concernant le conflit du Sahara, assurant que si ce contentieux venait à être résolu, la question du Sahel serait réglée elle aussi.
Des propos qui auraient, selon les mêmes sources, fortement irrité l’état-major de l’armée nationale algérienne qui, au lieu de réagir officiellement, a préféré se faire relayer par la presse. Car le régime algérien a la réputation de ne pas laisser de choix à ses partenaires : «ou vous êtes avec nous ou contre nous», comme le proclamait l’ex-président américain, George W. Bush, avant l’invasion de l’Irak.

 

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