France- Algérie : le visa de la discorde

Le rapport de la Cimade, l’ONG française d’aide aux migrants, faisant état d’un taux de refus «extrêmement élevé» de visas aux Algériens dans les consulats français, a été exploité à fond par la presse algérienne.


Les commentaires acerbes des chroniqueurs ont finalement décidé l’ambassadeur et le consul général de France à Alger à se défendre lors d’une conférence de presse.
Les deux diplomates n’ont cessé de marteler que la lecture faite par la presse algérienne du rapport de la Cimade était fantaisiste et négative, qu’il n’y avait « pas de quotas » réservés aux Algériens, « pas de plafond ». Ces arguments n’ont que modérément convaincu la presse, qui voit dans cette « discrimination » la conséquence logique des relations difficiles, voire rancunières, entre Paris et Alger.
Il est vrai que les chiffres avancés par la Cimade et validés par les diplomates français laissent pantois. Le taux des refus de visas pour les autres nationalités s’établit à près de 11% en 2009, alors qu’il grimpe à 30% en Algérie, après avoir été de 44% en 2006. La Cimade révèle de surcroît, que les Algériens ont payé l’équivalent de 12 millions d’euros pour les demandes de visas au profit des consulats français en Algérie, dont 4 millions pour des dossiers qui ont été finalement rejetés.
Il est tout aussi vrai que le consulat d’Alger est le deuxième consulat de France au monde, derrière celui de Moscou, en terme de demandes de visas examinés. En outre, les trois consulats de France en Algérie (Alger, Oran et Annaba) ont délivré plus de 130.000 visas en 2009.
Des chiffres éloquents. Mais le plaidoyer du consul général l’était tout autant. Pour lui, les refus de visas se justifient par les risques de détournement de l’objet du visa, soit pour rester illégalement en France soit pour profiter indûment des prestations médicales.

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