La police défie l’armée nationale

Ce qu’ont retenu les observateurs de l’épreuve de force qui a opposé mardi dernier, les policiers grévistes au gouvernement à La Kasbah, c’est la fronde contre le général Rachid Ammar. [onlypaid]En effet, les 2000 manifestants, tous issus des rangs de la sécurité nationale, selon l’Union des syndicats de la police, ont demandé le départ du général, accusé de fomenter une contre-révolution et de protéger les « amis de Ben Ali ». La vindicte des policiers protestataires a également touché le premier ministre Béji Caïd Essebssi qui les a traités, dans un discours à la nation de « groupe de singes ». Il faut dire que depuis des mois, le premier ministre manque de tact et de pédagogie quand il s’adresse aux Tunisiens. « Le pays est en totale transformation. Il faut parler aux Tunisiens un nouveau langage moderne et franc et non les apostropher sur un ton paternaliste avec une rhétorique bourguibienne largement dépassée », estime un diplomate occidental en poste à Tunis depuis plusieurs années. Un ancien ministre de Ben Ali, revenu depuis de son admiration pour le général déchu, ne cache pas son scepticisme. « Tous ce qu’entreprend le gouvernement Essebssi est un échec. La préparation des élections est un véritable foutoir. L’économie ne redémarre pas. Le peuple n’a pas confiance et l’investissement international ne revient pas. Peut-être que Béji Caïd Essebssi n’était finalement pas l’homme de la situation », s’interroge-t-il. D’ailleurs, lors de son allocution télévisée, le premier ministre est apparu tendu et très remonté, provoquant l’incompréhension chez les médias et dans l’opinion publique nationale. « Pour le moment, c’est Ennahda qui tire son épingle du jeu en mettant indirectement la pression sur le gouvernement. Rached Ghannouchi apparaît de plus en plus comme un homme calme et conciliateur. Ce qui arrive aujourd’hui est du pain béni pour lui et pour son parti », fait remarquer un journaliste tunisien. [/onlypaid]

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