Les dessous de la visite du ministre espagnol de l’intérieur à Rabat

Il est 10 heures GMT quand le ministre espagnol de l’Intérieur Alfredo Pérez Rubalcaba donne l’accolade à Moulay Taïb Cherkaoui,

son homologue marocain sur le perron du siège du ministère de l’Intérieur à Rabat.
A cet instant même, la grave crise qui a secoué les relations entre le Maroc et l’Espagne venait de connaître son épilogue. Toute la matinée, les réunions se sont succédé entre les responsables des deux pays afin de tourner la page des « incidents de Melilla ». A sa sortie de la réunion Robalcaba est un brin euphorique. Il qualifie les relations entre le Maroc et l’Espagne de « d’exceptionnelles » et le royaume chérifien «d’allié stratégique et responsable ».
Le responsable espagnol avait de quoi être heureux. Le roi Mohammed VI allait le recevoir dans l’après-midi bien qu’une telle audience n’ait pas été prévue initialement. L’attention royale réconforte Alfredo Rubalcaba dans sa délicate mission. Il se rend à Casablanca, où Mohammed VI se trouve, en voiture accompagné par Luis Planas l’ambassadeur espagnol à Rabat en fin de mission. D’après des sources espagnoles, le roi met tout de suite à l’aise le ministre de l’intérieur espagnol. Il lui dit toute l’affection qu’il a pour Don Juan Carlos. Rubalcaba n’est pas au bout de ses surprises, puisque le roi lui affirme toute l’amitié qu’il a pour le gouvernement de José Luis Zapatero.
Il faut dire que la visite d’Alfredo Pérez Rubalcaba a été facilitée par deux événements. Le premier est la venue sur place à Rabat, quelques jours avant celle du ministre de l’Intérieur espagnol, de Francisco Javier Velázquez, directeur général de la Police et de la Garde Civile. Ce dernier s’est expliqué avec les Marocains sur tous les points en suspend. Le deuxième événement est la visite à Melilla de l’ancien chef du gouvernement José maria Aznar qui avait pour objectif de jeter de l’huile sur le feu. D’ailleurs, dès son arrivée à Melilla, Aznar s’est empressé de déclarer que la ville « vivait entre l’harcèlement (du Maroc) et le laisser-aller (du gouvernement Zapatero). Cela dit, l’ancien chef du gouvernement PP a été inaudible. Ni la presse ni l’opinion publique espagnole n’ont accordé de l’intérêt à ses déclarations. Même au sein du PP, sa visite a à Melilla a été mal accueilli, Mariano Rajoy qui lui a succédé à la tête de la formation de la droite aurait très mal pris l’initiative d’Aznar qui ne l’a informé de ses intentions que 12 heures à l’avance.

 

 

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