Mauritanie. Mohamed Ould Bouamatou, le régent de Nouakchott

Le petit instituteur, né il y a 67 ans dans la tribu des Oulad Bousbaâ, a décidément pris du galon. D’après plusieurs sources concordantes, l’énigmatique homme d’affaires serait le véritable homme fort de Nouakchott. L’actuel président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani serait totalement sous son emprise, ce qui explique l’acharnement de l’appareil de l’Etat mauritanien contre l’ancien président Ould Abdelaziz, ennemi juré de Bouamatou.

« Monsieur Marlboro », surnom donné à Bouamatou dans le Sahel en raison du monopole que lui a accordé Philip Morris pour la revente de cigarette de marque, est un véritable rancunier. Il n’a jamais pardonné à son cousin Ould Abdelaziz d’avoir voulu voler de ses propres ailes. De l’import-export, à la fabrication de pain, à la banque et les télécoms en passant par la vente de caramels, de cigarettes et de voitures, Mohamed Ould Bouamatou a pu amasser un joli pactole et un solide carnet d’adresses. Mais, il n’a jamais perdu sa véritable passion de « faiseur de présidents ».

Sa première tentative a été une véritable réussite puisqu’il a poussé son autre cousin, aujourd’hui décédé, le général Ely Ould Vall, à renverser le président Ould Tayaa. Le nouveau chef d’Etat s’empressa à rendre le pouvoir aux civils. Cela n’a apparemment pas plu à Bouamatou qui voyait d’un mauvais œil le pouvoir échapper à sa tribu. Il pousse alors son cousin et ex-chef de la garde présidentielle, le général Mohamed Ould Abdelaziz, à déposer le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et installer un pouvoir militaire avec des apparences civiles. Mais l’idylle entre les deux cousins ne dure pas longtemps. La soif du pouvoir divise les deux hommes. Le général Abdelaziz se méfie de Bouamatou qui est considéré comme l’homme le plus riche de Mauritanie. La brouille d’Abdelaziz avec la France éloigne plus les deux hommes. Bouamatou entretient avec fortes largesses beaucoup d’hommes politiques français, de journalistes, d’avocats, d’ONG et de responsables de services de renseignement. Son allégeance chavire entre Paris et Nouakchott. Finalement, il se décide à quitter le climat rugueux et devenu hostile de la capitale mauritanienne pour l’opulence de son palace à Marrakech. Mais l’homme continu sa cabale conte le président Ould Abdelaziz. Que ce soit à Bruxelles, à Londres ou à Paris, le richissime homme d’affaires se livre à un lobbying effréné contre le régime mauritanien.

Cependant, une brèche s’ouvre pour Bouamatou. Un boussati remplace « démocratiquement » le président Ould Abdelaziz qui ignorait à cette époque qu’Ould Ghazouani était un admirateur d’Ould Bouamatou. A son accession au pouvoir, l’actuel président annule les poursuites contre l’homme d’affaires qui regagne Nouakchott et y retrouve le rôle de « Raspoutine des sables ». En espérant que l’histoire ne se répétera pas et qu’Ould Cheikh Ghazouani ne connaîtra pas le sort de Nicolas II.

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