Palestine. Selon le Mossad, face la contestation populaire, l’autorité palestinienne d’Abou Mazen serait au bord de la désintégration

Les derniers rapports rédigés par les différends services de renseignement israéliens concernant l’avenir de l’autorité palestinienne, qui gère la Cisjordanie sous tutelle israélienne, sont très pessimistes. Le pouvoir de Mahmoud Abbas, âgé aujourd’hui de 85 ans et à la tête de l’autorité palestinienne depuis plus de 15 ans, fait face depuis des semaines à une contestation populaire très forte.

D’après les rapports israéliens, la population des grandes villes de la Cisjordanie « vomis » les cadres de l’Autorité Palestinienne (AP), jugés corrompus et claniques. Il faut dire que le président de l’autorité s’est complétement isolé à Ramallah entouré de cadres fidèles du Fattah. «Ils se sont complétement coupés du peuple et ne pensent qu’à se faire de l’argent, alors que la majorité de la population souffre de pauvreté et de dénuement », estime un ancien haut responsable du Fattah, en rupture de ban avec son mouvement.

Les derniers développements ont montré le visage d’un régime autoritaire, népotique et surtout très impopulaire, estime les analystes israéliens. L’assassinat de l’opposant politique Nizar Banat le 24 juin dernier par des membres des forces de sécurité a vite tourné en une affaire « Khashoggi bis », en référence au dissident saoudien assassiné en 2018 par les autorités du royaume wahhabite dans le consulat de son pays à Istanbul. Cet assassinat ainsi que les exactions commises contre les manifestants par les miliciens du Fattah ont fait réagir le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, qui s’est dit être « profondément perturbé » par les méthodes de ces agents en civils infiltrés dans les manifestations.
En pleine déliquescence sur le plan interne, le pouvoir de Mahmoud Abbas n’a plus d’alliés sur le plan international, à l’exception d’Israël qui voit toujours en lui un allié fiable. « Les services israélienne tirent déjà la sonnette d’alarme. Le vieil homme n’est pas éternel et sa succession n’est pas du tout assurée. Ils sont une dizaine de prétendants à briguer son poste au cas où il décède. Dans une société tribale et frustrée de libertés, la disparition de Mahmoud Abbas s’annonce très problématique », avoue un spécialiste israélien.

Demeure l’épineuse question du Hamas. Les Israéliens sont convaincus que si la Cisjordanie plonge dans le chaos, le seul mouvement capable de quadriller ce territoire est le Hamas. Une perspective qui n’enchante pas les services israéliens qui n’écartent plus surprise : la libération du très populaire Marouane Barghouti.

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