Les jours du bateau de pêche NJM Al Shamal, battant pavillon libyen, sont comptés. Ce palangrier est arraisonné au port d’Agadir depuis fin mars dernier après avoir été impliqué dans un accident mortel au large de Dakhla.
Dans la nuit du 25 au 26 mars, NJM Al Shamal avait eu une collision avec le bateau de pêche marocain Miss Dakar 2 faisant cinq portés disparus, déclarés morts actuellement et huit blessés qui ont pu être secourus.
Juste après cet incident, et contrairement aux usages et aux législations internationales, l’équipage de NJM Al Shamal avait pris la fuite avant d’être rattrapé par la Marine royale au large de Tan Tan alors qu’il essayait de rejoindre les eaux espagnols.
Son capitaine avait réussi à se faire évacuer en Espagne, mais les 6 autres membres de l’équipage, en plus de l’embarcation, ont été ramenés au port d’Agadir pour les besoins d’une enquête qui est toujours en cours.
Depuis le 28 mars donc, NJM Al Shamal est sur le quai numéro 3 du port de pêche d’Agadir et il avait fini par devenir très encombrant. Trois mois plus tard, début de ce mois de juillet, la capitainerie du port de la capitale du Souss vient de le déclarer come navire abandonné, ne disposant ni d’équipage, ni de service de garde pour en assurer la sécurité ou exécuter les éventuelles manœuvres ordonnées par les autorités dudit port.
Les dés sont jetés
Selon les sources de Maghreb-Intelligence, la capitainerie du port d’Agadir vient d’adresser une mise en demeure à l’armateur de NJM Al Shamal, une société dénommée «Al Qamoos Al Maritime» pour mettre fin à cet état d’abandon dans un délai d’une semaine (7 jours). Passé ce délai, la même autorité prendra les mesures que prévoit la législation nationale : la vente aux enchères du bateau et même de toute marchandise se trouvant à bord.
Sauf que, selon nos sources, la société «Al Qamoos Al Maritime» n’a pas de siège social indentifiable, ce qui ajoute au flou entourant l’histoire de ce navire construit en 1990 et passé sous pavillons thaïlandais et panaméen avant le pavillon libyen.
«Il y a de fortes chances que le bateau soit vendu aux enchères pour être découpé et vendu en pièces détachées. Je doute que l’armateur puisse s’acquitter des amendes prévues par la loi et qui peuvent atteindre, en cas de mise en demeure, 100.000 dirhams par jour», explique un spécialiste du droit maritime.