“Historique”. La masterclass diplomatique de Kaïs Saïed en Égypte dérange les islamistes

Un accueil en fanfare à l’aéroport, de multiples rencontres et une remarquable tournée touristique au Caire… La visite officielle du président tunisien Kaïs Saïed sur invitation de son homologue égyptien, Abdel Fattah Al Sissi – du 9 au 11 avril 2021- a été “historique” pour la presse égyptienne.

Les relations diplomatiques entre les deux pays, parfois envenimées par les discordes, semblent retrouver un nouvel élan solidaire et très engagé : Kaïs Saïed a mené le show par sa position en faveur de la sécurité hydrique de l’Égypte dans son conflit avec l’Éthiopie au sujet du barrage de la Renaissance sur le Nil. “La sécurité de l’Égypte est la nôtre et ses positions seront aussi les nôtres à l’international”, a affirmé le président tunisien avant un éventuel passage devant le Conseil de sécurité des Nations unies, dont la Tunisie avait assuré la présidence tournante en janvier.

De son côté, Abdel Fattah Al Sissi s’est étalé sur les échanges commerciaux, l’investissement, la culture, les ingérences négatives dans la région et la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme. Dans ce contexte, Kaïs Saïed s’est aussi montré très optimiste quant à la consolidation de la coopération bilatérale et le soutien inconditionnel au voisin libyen dans sa nouvelle transition. Le président tunisien, souvent malmené par la diplomatie parallèle de Rached Ghannouchi, s’est montré comme le maître à bord de la Tunisie, loin de l’influence habituelle du gourou islamiste.

Une visite, une harmonie mutuelle et des déclarations vues de mauvais œil par les islamistes… En Tunisie, les leaders d’Ennahdha, mouvement d’obédience islamique au pouvoir depuis 2011, craignent que la coopération sécuritaire ne soit orientée vers l’éviction des opposants de Saïed. Désormais, le président de la République replace la Tunisie dans son environnement régional, reprend en main les décisions diplomatiques, isole davantage son ennemi Rached Ghannouchi – proche du président turc Recep Tayyip Erdogan et du Qatar – et cela ne fait pas que des heureux.

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