Pendant que Ceuta encaisse une chute vertigineuse de ses réservations, le Maroc, lui, continue d’attirer voyageurs et voyagistes. Un contraste qui en dit long sur la solidité de la destination marocaine face aux soubresauts migratoires qui secouent l’enclave espagnole.
L’information mérite d’être soulignée, tant elle contredit le récit catastrophiste qui a circulé ces dernières semaines. Non, il n’y a pas de vague d’annulations vers le Maroc. C’est la Confédération espagnole des agences de voyages (CEAV) elle-même qui confirme, noir sur blanc, ce que les professionnels du secteur observent sur le terrain depuis le début de la crise migratoire à Ceuta.
La fédération professionnelle est catégorique. Si un léger recul des nouvelles réservations a bien été enregistré au tout début de la crise, aucune annulation massive n’est venue frapper les flux touristiques vers le Royaume chérifien. Mieux encore, les « opérations importantes » dans les segments MICE (tourisme d’affaires et évènementiel) et groupes se poursuivent normalement, tandis que les circuits combinés entre l’Espagne et le Maroc, particulièrement prisés de la clientèle latino-américaine, continuent d’être commercialisés au rythme habituel par les agences et voyagistes espagnols.
Les voyagistes spécialisés sur la destination marocaine rapportent un simple fléchissement des nouvelles réservations, sans la moindre annulation. Du côté des compagnies aériennes desservant le Maroc, le constat est identique, un flux légèrement ralenti, mais des vols maintenus et toujours bien remplis. Autrement dit, la machine touristique marocaine tourne, malgré le climat d’incertitude entretenu autour de la région.
Ce constat prend tout son sens lorsqu’on le met en perspective avec la situation, radicalement différente, de Ceuta. L’enclave espagnole, dont le secteur touristique pèse plus de 12 % du PIB local, a été frappée de plein fouet par les tentatives massives de franchissement de sa frontière les 30 et 31 juillet. Une chute brutale de 90 % des réservations, une vague d’annulations en cascade, et des agences de voyages locales plongées dans une vulnérabilité extrême, comme l’a reconnu sans détour le président de la CEAV lui-même.
Le contraste est saisissant. D’un côté, une destination marocaine qui absorbe les turbulences régionales sans dévisser, et de l’autre, une enclave espagnole en pleine débâcle touristique, victime d’une crise migratoire qui relève avant tout d’une équation sécuritaire et diplomatique propre à Madrid et à sa gestion des frontières.