Les amours «intéressées et troublantes » entre les Emirats Arabes Unis et l’Iran

Si Entre Abou Dhabi et Téhéran les relations n’ont jamais été franchement amicales, elles n’ont jamais été non plus très mauvaises, et cela malgré l’épisode de la crise des trois îles Abou Moussa, la grande et la petite Tomb occupées depuis 1971 par l’Iran et revendiquées par le gouvernement émirati.

Si le «roman officiel» officiel émirati, relayé dans la presse international dénonce l’alignement du «vilain» Qatar sur «le méchant Iran». S’il justifie, du moins officieusement, le récent rapprochement avec Israël par une éventuelle menace que fait peser l’Iran sur la sécurité des Emirats, la réalité qui provient des Emirats Arabes Unis semble tout autre.

Les deux pays séparés par les eaux du Golfe entretiennent dans les faits des relations très étroites, notamment au niveau économique et humain. Ainsi, d’après des sources bien informées à Téhéran plus de 800 mille iraniens résident aux Emirats. D’ailleurs, le nombre de vols hebdomadaires entre les deux pays, avant la crise du Covid-19, avoisinaient les 200 rotations.

Au niveau économique, l’Iran a depuis une vingtaine d’années fait de Dubaï la plaque tournante de son commerce avec l’étranger. Ainsi, environ 10 mille sociétés émiraties sont contrôlées par des capitaux iraniens. En plus, entre 6500 et 7500 entreprises iraniennes ont des succursales à Dubaï, alors le nombre de commerçants de nationalité iranienne enregistrés officiellement dans la cité émiratie dépasse les 8 mille. Ce qui fait que les échanges commerciaux entre les Emirats Arabes Unis et l’Iran sont de l’ordre de 30 milliards de dollars.

Pour accompagner cet engouement économique des autorités iraniennes pour les Emirats, les autorités de Téhéran ont encouragé l’ouverture de 4 universités perses dans le pays. L’encadrement «culturel» de la population iranienne expatriée constitue en effet un impératif pour les mollahs.
A l’ombre de ces chiffres, les accusations de trahison assénées aux autorités émiraties par le guide suprême de la révolution iranienne, l’Ayatollah Ali Khamenei, sonnent faux. « Il s’agit plus de gesticulations destinés à la consommation interne que de véritables menaces. Le sort de Téhéran et d’Abou Dhabi est lié plus qu’on le pense généralement », un ancien ambassadeur français, reconverti aujourd’hui dans le consulting.

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