Absent aux funérailles de Khalifa ben Zayed Al-Nahyane : la fausse note du président Tebboune

C’est une véritable fausse note. A Alger, c’est l’interprétation qui a été majoritairement faite de l’absence de Tebboune aux funérailles du président des Émirats arabes unis (EAU) Cheikh Khalifa ben Zayed Al-Nahyane, décédé le vendredi 13 mai dernier. Au sein du sérail algérien, plusieurs dirigeants ont souhaité que Tebboune s’envole vers Abu Dhabi pour participer à la cérémonie d’enterrement du Président de l’EAU profitant ainsi de cette occasion pour permettre à l’Algérie de se réconcilier avec cette importante monarchie du Golfe avec laquelle les relations sont tendues depuis presque une année en raison notamment de la position très hostile du régime à l’égard du Maroc et de plusieurs profondes divergences dans certains dossiers géopolitiques très sensibles comme celui de la Libye.

Le président algérien n’a pas voulu répondre favorablement à ces appels l’invitant à se rendre à Abu Dhabi préférant ainsi miser sur une visite d’Etat en Turquie pour soigner son prestige international et se rapprocher encore davantage d’Erdogan, le maître d’Ankara. Abdelmadjid Tebboune s’est contenté d’envoyer aux EAU son premier ministre Aymen Benabderrahmane afin de le représenter aux funérailles du président de l’État, Cheikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan.

Cette décision a fortement déplu à Alger où de nombreux clans du pouvoir algérien désirent une véritable réconciliation avec Abu Dhabi au regard de l’importance stratégique de cette monarchie du Golfe dans les transactions financières et économiques internationales. Plusieurs hauts responsables algériens disposent de leurs propres relais à Dubaï et partagent des intérêts personnels onéreux avec des groupes économiques ou financiers basés aux EAU. Le coup de froid qui caractérise en ce moment les relations algéro-émiraties n’arrange guère les agendas de ces dirigeants civils ou militaires algériens. La coopération avec l’EAU est quasiment paralysée et les deux pays entretiennent à peine une relation formelle et superficielle en raison de l’entêtement de Tebboune à afficher son hostilité aux émiratis. Le président algérien croit savoir qu’il sortira tôt ou tard gagnant de ce bras-de-fer contre les princes émiratis. Force est de constater que ce n’est guère l’avis commun de l’ensemble des autres dirigeants
du régime algérien.

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